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lundi 7 septembre 2009

La population scolaire se réduit chaque année à Tizi Ouzou

L’une des conséquences de cet état de fait est la fermeture de quelque 43 écoles primaires. 111 000 élèves vont bénéficier de la prime de scolarité de 3 000 DA ainsi que de la gratuité du livre scolaire. Soit les trois quarts de la population scolaire.

C’est devenu désormais un phénomène récurrent : les effectifs scolaires se réduisent chaque année à Tizi Ouzou. S’ils étaient plus de 215 848 élèves à être inscrits l’année dernière sur les fichiers scolaires, les élèves qui reprendront le chemin de l’école le 13 septembre ne seront que quelque 210 116.

Ces chiffres ont été communiqués par le directeur de l’éducation, jeudi dernier, lors d’un conseil de wilaya consacré à cet effet. Depuis quelques années déjà, chaque rentrée scolaire à Tizi Ouzou enregistre moins d’élèves dans les écoles. Par exemple, le cycle primaire enregistre de moins en moins d’élèves. Pour cette rentrée scolaire, ils sont quelque 89 337 élèves à rejoindre les établissements scolaires, alors qu’ils étaient 92 969 l’année dernière. Les effectifs dans les collèges ont connu aussi d’importantes coupes.

De 88 382 à la rentrée scolaire 2008/2009, le nombre de collégiens est ramené cette année à 81 731. En revanche, dans les établissements secondaires, le nombre de lycéens a connu une légère hausse, s’ils étaient 34 497 élèves l’année dernière, les lycéens seront plus nombreux à la rentrée scolaire que voici. Ils seront en effet 39 048 élèves à fréquenter les 56 lycées de la wilaya. Cette coupe dans les effectifs scolaires a influé sur le taux d’occupation par classe, notamment dans le cycle primaire, sur un ensemble de 4 619 divisions pédagogiques réparties sur l’ensemble des écoles, le taux moyen est de 20 élèves par classe.

En outre, les nouveaux inscrits à la première année primaire ne seront que 14 129. Sur 692 écoles primaires que compte la wilaya de Tizi Ouzou, il y aura forcément des établissements qui auront moins de 20 écoliers par division pédagogique. Il y a même des écoles qui ont fermé faute d’élèves. À Tizi Ouzou, il y a en tout 43 écoles primaires fermées, depuis maintenant un certain nombre d’années. Les causes de ces fermetures sont maintenant connues de tous. Le recul de l’âge de mariage qui touche même les filles, l’espacement des naissances, la nouvelle émigration, l’exode rural, la crise de logement sont autant de facteurs qui sont à l’origine de ce phénomène des écoles qui ferment.

Mais pas seulement, puisque la mauvaise planification y est également pour quelque chose dans ces fermetures qui pénalisent en premier lieu les élèves. Ces élèves seront contraints de s’inscrire dans des écoles situées loin de leurs villages. Ce sera ainsi tant que la planification, aux allures parfois tatillonnes, prévoit des projets de construction d’écoles dans des villages et hameaux appelés à être dépeuplés. Dans un autre registre, le livre scolaire sera disponible cette année.

Le nombre de livres disponibles dépasse les besoins ; ces derniers se chiffrent à quelque 1 656 917, alors le nombre de livres a atteint 1 670 894, selon les affirmations du premier responsable de l’éducation. Soit un excédent de 56 848 livres. L’académie de Tizi Ouzou a répertorié 111 000 élèves nécessiteux, donc appelés à bénéficier de la prime de scolarité (3 000 DA) ainsi que de la gratuité du livre. Soit un taux de 73% de l’ensemble des effectifs de la population scolaire. Un chiffre qui renseigne sur la précarité qui frappe de plus en plus de familles dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Par : Yahia Arkat

dimanche 6 septembre 2009

TIZI OUZOU : La kabylie a mal


Il y a quelques jours, les citoyens de Tirmitine organisaient un grand rassemblement devant le tribunal de la ville de Tizi Ouzou. Au même moment, au niveau de la wilaya, les transporteurs de marchandises fermaient le siège de la direction du transport. Ceci en une seule journée.

Chaque semaine, une localité de la wilaya défraie la chronique. Des blocages de routes, des fermetures de mairies et de daïras, des émeutes et pour boucler la boucle, les kidnappings et les rapts qui se font de plus en plus nombreux. Des situations conflictuelles et explosives s’accumulent de jour en jour. Les citoyens, occupés par leurs problèmes d’eau, de routes, d’assainissement et autres, se voient acculés également par l’insécurité semée par des groupes de malfaiteurs. Malgré les efforts de certains responsables, il reste que les populations se sentent vraiment abandonnées. La preuve est donnée par les actions successives de colère. N’est-ce pas à cause du laisser-aller des autorités et de l’absence de communication que les citoyens recourent à des actes violents pour se faire entendre?

Les jeunes ne sont pas les seuls responsables dans ces actes. Bien au contraire, l’attitude méprisante des responsables locaux et des élus à leur égard y est pour beaucoup. Il est même à dire que ce mode de gestion engendre un dangereux cumul de situations conflictuelles et explosives. Il réunit incontestablement les conditions pour une explosion généralisée aux conséquences néfastes pour la sécurité de la région et du pays. A cet effet, beaucoup d’exemples peuvent être cités pour mettre à nu la responsabilité des élus et responsables locaux bien que cela ne justifie aucunement les actes de dégradations de biens commis par les jeunes. L’absence de dialogue est désastreuse et est pratiquement à l’origine de tous les conflits. Lors d’une récente visite ministérielle, le wali avait insisté sur la nécessité que la population sache que leur wilaya bénéficie d’un grand programme de développement s’échelonnant jusqu’à l’horizon 2013. Mais, existe-t-il au niveau des communes, tous près des citoyens, des voix et des personnes capables de transmettre ce message?

La solution du «Tag aâla man tag»

Il y a quelques jours dix-sept citoyens ont comparu devant le juge près le tribunal correctionnel de la ville de Tizi Ouzou. Le principal grief retenu contre eux est la destruction d’un bien de l’Etat. Les accusés sont des jeunes du village Aït Arif de la commune de Tirmitine. Lors de violentes émeutes, ils ont mis le feu au bâtiment de la mairie brûlant toutes les archives. A l’origine de cette action de colère, un mauvais choix d’assiette pour un nouveau lycée dans leur commune.

Cet acte communément jugé répréhensible n’est pas venu de façon inattendue. Bien au contraire, un conflit entre le village d’Aït Arif et l’APC couvait depuis des années autour du choix de l’assiette pour la construction d’un lycée. En effet, tandis que les autorités locales ont élu le village d’Aït Khelifa à l’autre bout de la commune de Tirmitine, les villageois à Aït Arif demandaient la construction de l’établissement dans un lieu qui arrange les deux localités. Des lettres ont été adressées aux services concernés durant deux années.

Les doléances sont restées lettre morte. Le mépris en question a poussé les citoyens à fermer le siège de la daïra de Draâ Ben Khedda, il y a un mois. Encore le silence. Les responsables sournoisement, lancent les travaux dans le lieu qu’ils ont choisi ignorant les demandes des citoyens. Ce jeudi, ces villageois, excédés, ont violemment manifesté leur colère. Mais, ne nous trompons pas. Tandis que l’action a été dirigée contre le bâtiment de la mairie, la colère, elle, est causée par l’attitude méprisante des élus.

A Akaouj, il n’y a pas plus d’un mois, les jeunes ont saccagé une sablière établie sur l’oued Sébaou. Cet acte est venu après qu’un jeune de ce grand village ait trouvé la mort noyé dans une nappe d’eau. Là aussi, les villageois ne sont pas passés à l’acte brusquement. La noyade n’a été qu’un élément déclencheur d’une colère longtemps contenue par les riverains de cet oued.

Les responsables du comité du village exhiberont des documents prouvant qu’ils avaient à plusieurs reprises alerté les services concernés sur leur refus de voir cette sablière exploitée. Là, aussi, l’incident a failli tourner au drame loin des élus qui ne se sont pas manifestés. La petite ville de Yakouren n’a pas, elle aussi, passé un été calme. Depuis une semaine, des citoyens du village Aït Aïssi refoulent les camions de la voirie venant de Azazga. Ils ont violemment manifesté leur refus de voir la fontaine fraîche située près de leur village devenir un dépotoir communal.

Une situation conflictuelle où ce bras de fer continue encore d’opposer ces villageois aux responsables de la daïra de Azazga et des élus de la même commune. Dans l’autre versant de la wilaya, à Tadmaït, les évènements du mois de juillet ont fait des morts. L’on se rappelle que de violentes émeutes ont éclaté après que des jeunes ont surpris des gardes communaux en train de mettre le feu à des oliveraies.

Tabassés, ils n’ont eu la vie sauve que grâce la sagesse des populations qui ont fini par les laisser entre les mains des services de sécurité. Des journées de grève et des émeutes ont éclaté dans la commune et ont duré presque une quinzaine de jours. Notons beaucoup d’événements relatifs aux fermetures des routes et des mairies comme à Oued Aïssi provoquant des embouteillages énormes aux entrées de la ville de Tizi Ouzou.

L’insécurité, bête noire des investisseurs

Contrairement aux élus qui semblent loin des populations, les malfaiteurs sont plus que jamais tout près. La peur qui a disparu pendant un laps de temps reprend de plus belle. A côté des groupes terroristes qui activent dans la région, les bandes de malfaiteurs ont trouvé là une aubaine pour sévir. Il y a quelques jours, un jeune à la trentaine a échappé à une tentative de kidnapping dans son village à Aït Toudert dans la daïra des Ouacifs. L’aviculteur, sortant de son domicile après la rupture du jeûne, n’a eu la vie sauve que grâce à ses cris qui ont alerté les villageois.

Les trois individus armés ont dû fuir. A Aït Khelil, à Beni Douala, quelques jours auparavant, le 25 août, une autre victime n’a pas eu la même chance. Un jeune de 30 ans a été kidnappé par un groupe d’individus armés jusqu’aux dents alors qu’il circulait à bord de son véhicule de marque Nissan. Quelques jours plus tard, la victime a pu joindre ses parents et les informer que les ravisseurs demandaient une rançon de 10 milliards de centimes. Aucune nouvelle depuis.

Après les émeutes de Tadmaït, le mois de juillet, quatre jeunes de la même localité ont été retrouvés morts, criblés de balles alors qu’ils revenaient du marché. En 2008, une vingtaine de kidnappings ont eu lieu dans différentes communes de la wilaya. Aux Ouacifs et à Boghni, les citoyens ont organisé des rassemblements exigeant la libération des victimes montrant ainsi qu’ils ne comptent plus sur la présence des services de sécurité. La wilaya de Tizi Ouzou a battu tous les records en matière de rapts et de kidnappings. La dégradation de la situation sécuritaire ne s’arrête pas là.

Les hold-up des banques ont refait surface. Le dernier acte de ce genre remonte juste à quelques semaines quand un groupe de malfaiteurs s’est attaqué à l’agence Badr située au centre-ville des Ouadhias. La menace sur les personnes et les biens n’a jamais été aussi grande que lors de ces deux dernières années. Cela sans parler des vols de véhicules qui ont diminué mais laissant place à une insécurité gagnant les villes et les milieux urbains. Il n’y a pas que cela comme facteur d’insécurité.

L’absence de contrôle des marchés a causé plus d’une centaine de cas d’intoxications alimentaires. La localité de Sid Ali Moussa vient d’enterrer une fillette de 14 ans pour intoxication vraisemblablement au casher tandis que les autres victimes ont quitté l’hôpital. Ainsi, ces agressions et ces actions de colère deviennent quotidiennes. La lecture la plus plausible est que ces conditions conflictuelles sont dangereuses pour la stabilité de la région non pas parce qu’elles surviennent mais plutôt parce qu’elles durent et restent non traitées.

La persistance de cette tension engendre par conséquent un certain fatalisme chez la population quant à la volonté de l’Etat représenté, hélas, par les élus et responsables locaux de garantir sa sécurité et ses biens. La récurrence de ces événements conduira inéluctablement les citoyens, et les exemples sont légion, à vouloir se défendre eux-mêmes. Mais, alors, où sont ces élus que ces citoyens ont élus?

Kamel BOUDJADI

Aïn El Hammam : L’euro fait vivre de nombreuses familles


Sans l’apport des pensions de retraite ou des aides des émigrés, la misère aurait frappé une bonne partie de la population de Aïn El Hammam, une région touchée de plein fouet par le chômage

Chaque matin que Dieu fait, des dizaines de personnes, tous sexes confondus, se présentent “aux acheteurs des devises” pour s’enquérir du cours du jour.

“Douze-dix (12,10%) pour l’espèce, douze (12%) pour le chèque”, annonce laconiquement l’un d’eux. Parfois, il se confond en explications du genre “pour cent euros, je vous remets un million et dix mille (centimes, cela s’entend)”.

La majorité des clients est composée de personnes âgées. Ce sont soit des retraités ayant fait leur carrière de l’autre côté de la Méditerranée ou, moins nombreux, des parents d’émigrés qui envoient mensuellement quelques billets au patriarche. Souvent, on vient échanger quelques centaines d’euros pour les dépenses courantes.

Les détenteurs de grosses sommes sont rares. Ils se manifestent discrètement, après moult précautions de peur d’être agressés. Ils balbutient quelques mots avant de procéder à l’opération. Les jeunes enfants sont aussi initiés à ce genre de marché.

Ils viennent directement prendre la contrepartie d’un billet (généralement de vingt euros) dont les ont gratifiés leurs parents de là bas, ils exhibent fièrement leur argent comme si cette monnaie leur donnait une sorte de pouvoir magique.

Le marche, parallèle bien que considéré comme illégale represente tout de même une rente non négligeable pour beaucoup de familles.

Sans cet apport, peu de maisons auraient vu le jour, le long des sentiers escarpés de la montagne. Si les conséquences du chômage ne sont pas visibles entièrement et la pauvreté moins présente, c’est grâce à ces “douze pour cent” qui contribuent beaucoup à la survie de la région. Ceux qui en profitent ne s’en cachent pas.

“J’ai travaillé dur pendant trente-cinq ans. Sans le change parallèle, ma pension suffirait juste à assurer le pain quotidien”, raconte un ancien mineur.

Un retraité rencontré à la poste, nous dit fièrement qu’avec ses cinq années d’exercice en France, il perçoit une pension plusieurs fois supérieure à celle qu’on lui octroie pour vingt-cinq ans de travail dans une entreprise nationale. Les démunis fascinés par le pouvoir de l’euro n’aspirent qu’à une seule chose : partir, eux aussi. Ils sont rares, les jeunes de Michelet qui n’ont pas postulé, un jour ou l’autre au départ. Et lorsqu’ils traversent la Méditerranée, c’est pour ne plus revenir.

A. O. T.

Tizi Ouzou : 40 plants de cannabis saisis

C’est une véritable forêt que nous avons découverte. » C’est en ces termes qu’un enquêteur de la Police judiciaire (PJ) de la sûreté de wilaya nous a fait part de la saisie par ses services de 40 plants de cannabis au niveau d’une plantation à l’intérieur du village de Bouhinoun sur les hauteurs sud de la ville de Tizi Ouzou.

En effet, les éléments de la PJ, après une minutieuse enquête menée depuis un moment déjà ont réussi, jeudi, à mettre la main sur cette plantation. Ainsi, il a été découvert 40 plants de cannabis d’une hauteur de 3 mètres chacun, dénotant de ce fait que l’ensemencement par le principal accusé, qui est l’un des enfants du propriétaire du champ, n’est pas récent.

Selon notre interlocuteur, le père, très âgé, n’était pas au courant de la nature des arbustes qui poussaient chez lui. Une perquisition du domicile des mis en cause a permis aussi de mettre la main sur une quantité importante de feuilles du chanvre indien prête à être commercialisée. Le principal accusé et son complice ont été déférés devant le parquet qui les a placés sous mandat de dépôt.

Par Mohamed Rachid

samedi 5 septembre 2009

Les Zidane et Méziane Idjerouidène une amitié bien de chez nous



Le premier joue au ballon, et est une star mondiale. Il a eu tout dans sa vie de footballeur. Il a n’a arrêté qu’après avoir tout démontré. Citoyen français modele, n’empêche que ses origines kabyles, il les a toujours assumées, revendiquées même.

Les Kabyles se croient souvent gagner des centimètres de plus en pensant à lui. Le second est tout aussi Kabyle. Diplômé dans le secteur de l’aviation, il est en train de grandir dans les airs. Difficile en faite de dire qu’il est porté par Aigle Azur, tellement son génie pour porter toujours plus haut cette entreprise familiale se conjuguent à la réussite du vol ascendant entrepris par la compagnie.

Il en est le directeur général, la vingtaine non encore épuisée S.V.P ! A eux deux réunis, ils forment un spécimen de réussite dont les Kabyles tirent une grande fierté. Pas de doutes pour ces derniers : pour Zidane, c’est l’honneur kabyle qui a réagit face à l’italien Matérazzi. C’est aussi le même sentiment qui a poussé Idjerouidène à faire « parler » ses avions en kabyle.

Le plus beau : Ils sont tous deux amis, se sont noués des liens en familles, une amitié bien de chez nous quoi ! Ils sont du rang de la Jet sept mais n’ont rien perdu du rétroviseur. « Mais vous imaginez Zidane balancer un «Azul!» à Ronaldo ! Que du plaisir pour les Kabyles Ya boreb ! Une pensée aussi à Idir, et Rachid Kaci qui se permet également des «Azul » à Sarkozy…

Aït Argane : Un village en souffrance

Aït Argane est un village comptant parmi les bourgades ayant une densité importante en terme de population dans la commune d’Agouni Gueghrane située à 30 kilomètres, au sud de la wilaya de Tizi Ouzou. Le village est resté pendant des années prisonnier de l’enclavement, mis à part une salle de soins, l’école primaire, aucune infrastructure étatique n’est venue soulager le quotidien difficile de la population de ce village, et ce depuis toujours. “Ici, les citoyens sont livrés à eux-mêmes”, nous dit un résidant du village.

Les quelques fourgons de transport qui assurent la liaison entre Aït Arguane et le chef-lieu de la commune sont loin de satisfaire toute la clientèle. Ceux qui paient lourdement cette insuffisance sont, sans nul doute, les lycéens et les lycéennes qui se déplacent chaque jour au chef-lieu de la commune des Ouadhias (lycée de Ouadhias), distant de plus de 10 kilomètres.

Idem pour les collégiens du village qui suivent leur scolarité au chef-lieu ou à Ouacif (commune voisine), “ici nos enfants parcourent le trajet qui sépare la maison et l’établissement à pied”, nous dit un père de famille. La faute à qui ? Les moyens de transport (ramassage scolaire) fait défaut, surtout les lycéens qui n’ont pas cette commodité, ce qui laisse les élèves arriver plusieurs fois en retard.

En matière d’eau potable, d’assainissement, le village a connu un retard considérable dans son développement. Les citoyens sont livrés à eux-mêmes, surtout que l’APC est encore dans une situation de blocage depuis plus de cinq mois.

Mouloud Zerbout

jeudi 3 septembre 2009

Ramdane Iftini : “Certains feuilletons qui passent à la télévision frisent le crétinisme”

Réalisateur du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, d’après l’œuvre de Rachid Hamoudi, Ramdane Iftini estime, dans cet entretien, que les feuilletons diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision nationale, notamment la 4 n’ont rien avoir avec le travail artistique. Pour lui, le cinéma doit d’abord identifier les attentes du public. Il a aussi évoqué ses projets dans le domaine du septième art, l’appellation du cinéma amazigh…

La Dépêche de Kabylie : Vous êtes le réalisateurs du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, et qui a eu un succès considérable, quel est le secret de cette réussite ?

Ramdane Iftini : C’est un succès relatif. Il eu un succès parce qu’il y’a une attente du public, ensuite, le travail réalisé a été fait d’une manière assez intéressante. Le fait d’avoir contextualiser H’nifa dans un pan de l’histoire algérienne, et s’être entouré d’une équipe intéressante, comme Samy Allam qui a co-réalisé et qui a fait le montage également, Belaid Branis qui a fait la musique et toute la petite équipe qui a été autour, donc, on a fait un travail d’équipe, et ce sont des gens qui étaient impliqués c’était un travail où il y’avait une synergie. Et puis, ce qui fait, maintenant que le film à une vie. Il est en DVD, il passe entre plusieurs mains, les gens en parlent. Quand on réalise un film, le plus important c’est qu’il ait une vie. Cela fait deux années qu’il a été réalisé, il a eu une tournée ici, en France… et c’est le plus important.

Quand vous dites les attentes du public, sur quelle base vous les identifiez ?

Je pense que le public s’attend à un travail de mémoire. Les gens ont besoin de ce genre de travail parce qu’on tend à devenir amnésique dans ce pays, on oublie vite nos artistes ! il n’y a pas de biographies qui sont faites, il n’y a pas de travail de mémoire qui été fait sur nos artistes. Donc ce travail sur H’nifa a permis de mettre en exergue ce manque et de dire qu’on peut faire des choses simples et bien faites. C’était un travail de recherche très important. Rachid Hamoudi a fait un travail pendant quatre ans, où il a fallu interviewer des gens, faire des recherches pour aboutir à un travail intéressant.
Sinon, globalement, comment se présente le cinéma d’expression amazighe ?

Qu’est-ce qu’on appelle, le cinéma d’expression amazighe ? Le cinéma est d’abord de l’image ! Maintenant, la langue c’est autre chose. Le cinéma amazigh doit être un cinéma qui véhicule des idées, qui a un regard novateur sur la société. Quant on parle du cinéma italien, ce n’est parce qu’il est italien, mais parce que ce cinéma a apporté une nouvelle approche de l’image et de son traitement c’était l’époque du néo-réalisme… Si on résume le cinéma d’expression amazighe à un film qui parle en berbère, notamment en kabyle actuellement, on dit que c’est du cinéma amazigh, mais il n’y a pas d’identité par rapport au cinéma. Je ne sais pas, au fait, ce qu’est le cinéma amazigh ? Le cinéma c’est de l’image, c’est une autre manière de voir les choses, les raconter et les montrer.

parmi les productions que j’ai pu voir actuellement dans ce qu’on appelle le cinéma amazigh, celui qui peut représenter, je crois, le cinéma amazigh, malgré que c’est un petit film à maigre budget, dont l’histoire est très intéressante et bien faite, c’est La dernière cigarette de Ali Berkennou.

Plusieurs feuilletons sont diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision algérienne, quelle appréciation faites-vous de ces productions ?

Je veux le dire en toute sincérité. Le peu de travail que j’ai vu, actuellement à la télévision et qui passe en ce mois de ramadan sur la chaîne Tamazight, frise la débilité. C’est du crétinisme pour moi. Mis à part le feuilleton de Amar Arab où il y’a une très belle image. A mon avis le traitement, au niveau continuité, manque, mais je sais qu’au niveau de l’image, il est excellent. Un autre petit problème des musiques. A la limite, on aurait pu faire une musique pour tout le film au lieu de mettre des morceaux de chansons, un peu de Matoub…etc. Sinon, le reste, sincèrement c’est pire que la folklorisation, c’est du crétinisme. On est dans un truc complètement débile. Je suis désolé de le dire, mais c’est l’impression que j’ai.

Des sketches à trois sous, un humour de premier degré, enfin, je ne me reconnais pas dans ces productions.

Des projets dans le domaine du cinéma ?

Oui, on a des projets toujours avec la même équipe. Des projets de documentaires et un projet de long métrage. C’est deux nouvelles du Guy de Maupassant qui ont été traduites par Muhya. On les a scénarisées avec Samy Allam et qu’on compte réalisé si on obtient les financements qu’il faut.

Entretien réalisé par M. Mouloudj

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