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samedi 5 septembre 2009

Les Zidane et Méziane Idjerouidène une amitié bien de chez nous



Le premier joue au ballon, et est une star mondiale. Il a eu tout dans sa vie de footballeur. Il a n’a arrêté qu’après avoir tout démontré. Citoyen français modele, n’empêche que ses origines kabyles, il les a toujours assumées, revendiquées même.

Les Kabyles se croient souvent gagner des centimètres de plus en pensant à lui. Le second est tout aussi Kabyle. Diplômé dans le secteur de l’aviation, il est en train de grandir dans les airs. Difficile en faite de dire qu’il est porté par Aigle Azur, tellement son génie pour porter toujours plus haut cette entreprise familiale se conjuguent à la réussite du vol ascendant entrepris par la compagnie.

Il en est le directeur général, la vingtaine non encore épuisée S.V.P ! A eux deux réunis, ils forment un spécimen de réussite dont les Kabyles tirent une grande fierté. Pas de doutes pour ces derniers : pour Zidane, c’est l’honneur kabyle qui a réagit face à l’italien Matérazzi. C’est aussi le même sentiment qui a poussé Idjerouidène à faire « parler » ses avions en kabyle.

Le plus beau : Ils sont tous deux amis, se sont noués des liens en familles, une amitié bien de chez nous quoi ! Ils sont du rang de la Jet sept mais n’ont rien perdu du rétroviseur. « Mais vous imaginez Zidane balancer un «Azul!» à Ronaldo ! Que du plaisir pour les Kabyles Ya boreb ! Une pensée aussi à Idir, et Rachid Kaci qui se permet également des «Azul » à Sarkozy…

Aït Argane : Un village en souffrance

Aït Argane est un village comptant parmi les bourgades ayant une densité importante en terme de population dans la commune d’Agouni Gueghrane située à 30 kilomètres, au sud de la wilaya de Tizi Ouzou. Le village est resté pendant des années prisonnier de l’enclavement, mis à part une salle de soins, l’école primaire, aucune infrastructure étatique n’est venue soulager le quotidien difficile de la population de ce village, et ce depuis toujours. “Ici, les citoyens sont livrés à eux-mêmes”, nous dit un résidant du village.

Les quelques fourgons de transport qui assurent la liaison entre Aït Arguane et le chef-lieu de la commune sont loin de satisfaire toute la clientèle. Ceux qui paient lourdement cette insuffisance sont, sans nul doute, les lycéens et les lycéennes qui se déplacent chaque jour au chef-lieu de la commune des Ouadhias (lycée de Ouadhias), distant de plus de 10 kilomètres.

Idem pour les collégiens du village qui suivent leur scolarité au chef-lieu ou à Ouacif (commune voisine), “ici nos enfants parcourent le trajet qui sépare la maison et l’établissement à pied”, nous dit un père de famille. La faute à qui ? Les moyens de transport (ramassage scolaire) fait défaut, surtout les lycéens qui n’ont pas cette commodité, ce qui laisse les élèves arriver plusieurs fois en retard.

En matière d’eau potable, d’assainissement, le village a connu un retard considérable dans son développement. Les citoyens sont livrés à eux-mêmes, surtout que l’APC est encore dans une situation de blocage depuis plus de cinq mois.

Mouloud Zerbout

jeudi 3 septembre 2009

Ramdane Iftini : “Certains feuilletons qui passent à la télévision frisent le crétinisme”

Réalisateur du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, d’après l’œuvre de Rachid Hamoudi, Ramdane Iftini estime, dans cet entretien, que les feuilletons diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision nationale, notamment la 4 n’ont rien avoir avec le travail artistique. Pour lui, le cinéma doit d’abord identifier les attentes du public. Il a aussi évoqué ses projets dans le domaine du septième art, l’appellation du cinéma amazigh…

La Dépêche de Kabylie : Vous êtes le réalisateurs du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, et qui a eu un succès considérable, quel est le secret de cette réussite ?

Ramdane Iftini : C’est un succès relatif. Il eu un succès parce qu’il y’a une attente du public, ensuite, le travail réalisé a été fait d’une manière assez intéressante. Le fait d’avoir contextualiser H’nifa dans un pan de l’histoire algérienne, et s’être entouré d’une équipe intéressante, comme Samy Allam qui a co-réalisé et qui a fait le montage également, Belaid Branis qui a fait la musique et toute la petite équipe qui a été autour, donc, on a fait un travail d’équipe, et ce sont des gens qui étaient impliqués c’était un travail où il y’avait une synergie. Et puis, ce qui fait, maintenant que le film à une vie. Il est en DVD, il passe entre plusieurs mains, les gens en parlent. Quand on réalise un film, le plus important c’est qu’il ait une vie. Cela fait deux années qu’il a été réalisé, il a eu une tournée ici, en France… et c’est le plus important.

Quand vous dites les attentes du public, sur quelle base vous les identifiez ?

Je pense que le public s’attend à un travail de mémoire. Les gens ont besoin de ce genre de travail parce qu’on tend à devenir amnésique dans ce pays, on oublie vite nos artistes ! il n’y a pas de biographies qui sont faites, il n’y a pas de travail de mémoire qui été fait sur nos artistes. Donc ce travail sur H’nifa a permis de mettre en exergue ce manque et de dire qu’on peut faire des choses simples et bien faites. C’était un travail de recherche très important. Rachid Hamoudi a fait un travail pendant quatre ans, où il a fallu interviewer des gens, faire des recherches pour aboutir à un travail intéressant.
Sinon, globalement, comment se présente le cinéma d’expression amazighe ?

Qu’est-ce qu’on appelle, le cinéma d’expression amazighe ? Le cinéma est d’abord de l’image ! Maintenant, la langue c’est autre chose. Le cinéma amazigh doit être un cinéma qui véhicule des idées, qui a un regard novateur sur la société. Quant on parle du cinéma italien, ce n’est parce qu’il est italien, mais parce que ce cinéma a apporté une nouvelle approche de l’image et de son traitement c’était l’époque du néo-réalisme… Si on résume le cinéma d’expression amazighe à un film qui parle en berbère, notamment en kabyle actuellement, on dit que c’est du cinéma amazigh, mais il n’y a pas d’identité par rapport au cinéma. Je ne sais pas, au fait, ce qu’est le cinéma amazigh ? Le cinéma c’est de l’image, c’est une autre manière de voir les choses, les raconter et les montrer.

parmi les productions que j’ai pu voir actuellement dans ce qu’on appelle le cinéma amazigh, celui qui peut représenter, je crois, le cinéma amazigh, malgré que c’est un petit film à maigre budget, dont l’histoire est très intéressante et bien faite, c’est La dernière cigarette de Ali Berkennou.

Plusieurs feuilletons sont diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision algérienne, quelle appréciation faites-vous de ces productions ?

Je veux le dire en toute sincérité. Le peu de travail que j’ai vu, actuellement à la télévision et qui passe en ce mois de ramadan sur la chaîne Tamazight, frise la débilité. C’est du crétinisme pour moi. Mis à part le feuilleton de Amar Arab où il y’a une très belle image. A mon avis le traitement, au niveau continuité, manque, mais je sais qu’au niveau de l’image, il est excellent. Un autre petit problème des musiques. A la limite, on aurait pu faire une musique pour tout le film au lieu de mettre des morceaux de chansons, un peu de Matoub…etc. Sinon, le reste, sincèrement c’est pire que la folklorisation, c’est du crétinisme. On est dans un truc complètement débile. Je suis désolé de le dire, mais c’est l’impression que j’ai.

Des sketches à trois sous, un humour de premier degré, enfin, je ne me reconnais pas dans ces productions.

Des projets dans le domaine du cinéma ?

Oui, on a des projets toujours avec la même équipe. Des projets de documentaires et un projet de long métrage. C’est deux nouvelles du Guy de Maupassant qui ont été traduites par Muhya. On les a scénarisées avec Samy Allam et qu’on compte réalisé si on obtient les financements qu’il faut.

Entretien réalisé par M. Mouloudj

mercredi 2 septembre 2009

Tikjda : un coin de paradis



C’est très beau, magnifique, sublime, s’enflamme Hayat, au détour d’un virage, à quelques centaines de mètres de la station climatique de Tikjda, perchée à près de 1 500 mètres d’altitude, sur les hauteurs de Bouira. Elle était émerveillée par le décor verdoyant, les cèdres qui s’élancent à l’assaut du ciel, et les montagnes majestueuses qui surplombent ce site touristique, l’un des plus beaux du Djurdjura.



Avant même que son époux gare la voiture, leurs trois enfants – deux fillettes et un garçon âgés entre 8 et 12 ans – se sont précipités hors du véhicule. Ils sont retournés, en courant, au dernier virage qu’ils venaient de franchir pour voir, regarder de plus près les singes magots accroupis sur le bas-côté de la route ou sur les talus dominant la chaussée.

C’est la première fois que Hayat, Algéroise de pure souche, met les pieds à Tikjda. Son époux, Kamel, originaire de Béjaïa, connaissait l’endroit. Il l’avait visité une seule fois. Cela remonte à près d’une trentaine d’années. C’était au début des années 80. “Le site a beaucoup changé. Les montagnes sont dénudées. L’érosion a fait son effet. Parce qu’une grande partie des cédraies a disparu, ravagées par les incendies durant les années noires de 90”, constate-t-il avec amertume.

Le couple et les enfants revenaient de Béjaïa où ils ont passé deux semaines de vacances, au bord de l’eau. Ils rentraient sur Alger. En cours de route, Hayat a “suggéré avec insistance” à son époux de faire une courte virée vers Tikjda. C’est une amie à elle qui lui avait soufflé l’idée au départ de Béjaïa. “N’oublie pas de faire un détour du côté de Tikjda. Tu ne le regretteras pas. Tu seras émerveillée”, lui avait-elle conseillé. Hayat ne regrette pas de s’être rendue et d’être montée à Tikjda. “C’est une excellente idée. Cette bifurcation m’a permis de découvrir et de faire découvrir à mes enfants ce merveilleux site qu’est Tikjda”, dira-t-elle, tout en pressant le pas pour rejoindre ses enfants qui admiraient les macaques.

Déjà, un projet mijote dans sa tête. Elle songe à y revenir, pour quelques jours, pendant les prochaines vacances scolaires d’hiver. Elle tentera de “vendre” aussi l’idée à des amies et aux membres de sa famille, ankylosés par la sédentarisation à Alger. Elle est sûre de rallier certains couples amis de son quartier à ce projet. Surtout si l’opération promotionnelle mise en œuvre au niveau de la station climatique est maintenue jusqu’à la fin de l’année.

Succès de l’opération promotionnelle

Tikjda est un véritable joyau touristique. Ce n’est donc pas par hasard que le site draine, tout au long de l’année, été comme en hiver, au printemps comme en automne, la grande foule. Depuis début juillet, la station climatique affichait complet. Il n’y avait pas, au milieu de la première quinzaine d’août, un seul lit de libre à l’auberge des jeunes et dans son annexe, situés à l’entrée de la station.

Quelques mètres plus loin, au détour d’un petit virage, apparaissent deux belles bâtisses flambant neuf. Il s’agit de deux nouvelles unités hôtelières. Elles affichaient elles aussi complet. Il ne restait, le jour de notre passage, que cinq ou six lits de libre sur les quelque 230 lits (117 chambres) que compte la station.

Il ne fait pas de doute que l’opération promotionnelle lancée par les responsables des lieux pour relancer le tourisme à Tikjda a été une réussite. Le prix d’une chambre single est fixé à 2 000 dinars et celui d’une chambre double à 3 000 dinars, petit-déjeuner compris dans les deux cas. Une réduction est accordée pour un séjour de plus de trois nuits. Le client bénéficie d’un hébergement gratuit pour la 4e nuit. Le cadeau est encore plus intéressant après la cinquième nuit : l’hébergement et la restauration de la sixième nuitée sont à la charge de la station climatique.

Les enfants âgés de 13 à 17 ans bénéficient d’une réduction de 50% pour l’hébergement, tandis que pour les enfants de moins de 12 ans, l’hébergement est totalement gratuit durant tout le séjour des parents. “La promotion est intéressante. C’est pour cela que nous affichons complet”, dira Mohand Améziane Belkacemi, chargé de la communication de la station climatique. “Je dois signaler que l’accès à toutes les installations de l’établissement est gratuit pour les clients”, a-t-il ajouté.

Le tourisme, c’est les idées. Disposé d’un magnifique site touristique, c’est bien, mais avoir également des idées pour attirer et fidéliser la clientèle, c’est encore mieux. Les responsables de Tikjda n’ont pas inventé le fil à couper le beurre. Mais ils ont mis en application une formule, efficace, pour capter les touristes et les vacanciers. Ils vont certainement maintenir le cap, poursuivre sur cette lancée, pour “gagner” plus de clients durant les mois et années à venir. Le projet est réalisable si les clients sont satisfaits des prestations fournies. Le succès de l’opération se joue à ce niveau.

On ne s’ennuie pas à Tikjda

D’autant que la station va prendre de l’extension et s’agrandir dans les prochains mois. Elle doit récupérer et réhabiliter l’ancien hôtel Djurdjura incendié par les groupes terroristes durant les années 90. Elle doit également entrer en possession d’une carcasse inachevée appelée le “collectif” qui sera transformée en bungalows avec une capacité d’hébergement minimum de 200 lits. Une autre bâtisse qu’on appelle “le chalet”, d’une capacité de 70 lits, sera absorbée par la station. Elle deviendra une école d’initiation aux différents sports de montagne (VTT, escalade, spéléologie, ski, randonnée pédestre... etc.). Une fois toutes ces infrastructures récupérées et réhabilitées, Tikjda “aura un minimum de 1 000 lits”, selon M. Belkacemi.

Cette station climatique a encore changé de “propriétaire”. Elle est confiée pour la gestion au ministère de la Jeunesse et des sports qui se découvre, ainsi, une seconde vocation. Elle a pris la dénomination de Centre national des sports et loisirs de Tikjda (CNSLT). Ce centre est une entreprise à caractère économique et commercial qui est tenu de fournir, à la fin de chaque année fiscale, de bons résultats financiers. Ce qui oblige ses gestionnaires à fournir une double prestation : pour les touristes et pour les sportifs.

Les touristes et vacanciers n’ont pas le temps de s’ennuyer à Tikjda pendant la période estivale. La station leur offre une panoplie d’activités de loisirs et sportives : piscine, billard, baby-foot, tennis de table, handball, football pour les enfants, randonnées pédestres, virées en VTT dans la forêt, etc. Il y a aussi, au programme, plusieurs endroits à visiter, tels que le lac de “Tamda Ouguelmime”. Une merveille de la nature située à 1 750 km d’altitude. Il est distant environ de 15 km de la station climatique de Tikjda, mais il faut entre 2h30 à 3h00 de marche à pieds, à travers les sentiers parfois abrupts, pour l’atteindre. Parmi les autres coins qui méritent un détour, une visite, on peut citer, entre autres, les falaises, les belvédères et le balcon de Tikjda.

Tourisme et sports font bon ménage à Tikjda

Mais il y a aussi des gens qui y vivent, presque en permanence. Parmi eux, des sportifs qui viennent pour des entraînements, parfois pour de longs séjours. Ne vous étonnez pas si, au détour d’un virage, vous rencontrez Amar Brahmia. C’est son coin préféré pour les entraînements : d’abord lorsqu’il était athlète, puis maintenant qu’il est chargé de l’entraînement des certains athlètes de haut niveau. M. Brahmia est un amoureux et un infatigable défenseur de Tikjda.

C’est dans “ce coin de paradis”, comme il aimait le répéter, qu’il a passé une bonne partie de son existence. D’abord comme athlète, pour se préparer aux meetings et compétitions auxquels il avait participé, ensuite, aujourd’hui, comme entraîneur et manager des athlètes algériens. C’est ici, en effet, que se sont entraînés et préparés certains des athlètes qui ont pris part aux Championnats du monde d’athlétisme de Berlin. Amar Brahmia est aussi, à ses heures de repos et de loisirs, un fabuleux guide touristique de Tikjda.

Il connaît cette montagne dans ses moindres recoins. Et il parle avec amour, fougue et enthousiasme de ses sentiers, de ses arbres, de sa faune, de son air pur et de sa tranquillité. Beaucoup ne le savent pas peut-être. Brahmia est derrière la réalisation du stade du plateau d’Aswel, qui culmine à 1 740 mètres d’altitude. C’est une idée qu’il avait eue très jeune. Quand il était athlète. Lorsqu’il grimpait là-haut pour les besoins de ses entraînements, de sa préparation et mise en forme physiques.

“J’ai toujours rêvé de voir ce site bénéficier d’un stade. Et dès que j’ai eu la possibilité, j’ai mis à exécution ce rêve, grâce à l’aide du Comité olympique ainsi que des walis de Tizi Ouzou et de Bouira. Nous avons eu les autorisations et les moyens très facilement”, nous a-t-il confié.

Le féerique plateau d’Aswel

Ce n’était pas facile de construire une infrastructure sportive à une telle altitude. La ville la plus proche est Bouira. Et elle se trouve à près de 40 km d’Aswel. Il fallait faire grimper les camions, les engins, le matériel et les produits nécessaires pour réaliser le stade.

Cela n’a pas été une affaire de tout repos. C’était pénible. D’autant que l’insécurité liée au terrorisme y était permanente. Une des personnes qui avait participé à la construction de ce stage avait failli perdre la vie. Elle avait été grièvement blessée par balles dans un attentat en descendant du plateau d’Aswel. Mais, comme on dit dans la région “laâtav ur itsnahsav”, un bon résultat fait oublier les souffrances physiques. Le bébé est né. Il a vu le jour et il est beau.

Le projet a été réalisé grâce à la volonté de tout le monde, à l’aide financière et matérielle du Comité olympique international, de la Fédération internationale d’athlétisme et des wilayas de Bouira et de Tizi Ouzou. Il a coûté moins de 300 000 dollars. “Impossible de réaliser une piste, les couloirs, avec tous les sautoirs, deux aires de saut et deux aires de lancer à ce prix-là”, estime M. Brahmia. Mais l’ “impossible” a été terrassé par la volonté, le volontarisme et les aides des uns et des autres.

Tourisme : l’après-pétrole de l’Algérie

Du versant nord du site, lorsque le ciel est dégagé, de belles images s’offrent aux visiteurs qui peuvent observer, du haut du sommet d’Aswel, des dizaines de villes et villages construits comme des nids d’aigle sur des collines qui se succèdent, s’entrelacent en contrebas du Djurdjura.

Le plateau d’Aswel, c’est aussi “Annou bw-Aswel” (le gouffre d’Aswel) d’une profondeur de plus de 800 mètres. Des éléments du Groupement de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux de la protection civile de la wilaya de Bouira, baptisé “GRIMP-10”, l’ont exploré durant quatre jours cette semaine. Ils sont descendus dans ses entrailles. Il s’agit d’une opération d’entraînement, de mise à niveau des participants et d’exploration.

La relance du tourisme en Algérie est remise au goût du jour grâce aux nouvelles dispositions, attrayantes du point de vue économique et financier, contenues dans la loi de finances complémentaire 2009. Mais, le succès de la démarche implique l’exploitation de tous les sites et “gisements” dont, bien entendu, le tourisme de montagne qui a cet avantage de “fonctionner” toute l’année. L’après-pétrole réside, peut-être, dans le tourisme. Parce qu’il pourra, si les choses sont faites dans les règles et les standards internationaux, constituer une importante source en devises pour le pays.

M. A. H.

Ramadhan à Bouzeguène : Entre ferveur et consommation

Les soirées du Ramadhan sont partagées entre les parties de jeux et de dominos dans les cafés et la prière des tarawihs pour de nombreux fidèles qui emplissent les mosquées.

Depuis le premier jour du Ramadhan, la frénésie pour faire des provisions a pris des proportions telles que les magasins d’alimentation générale, les boucheries et les marchés populaires, n’arrivent plus à contenir les flux de clients qui arrivent des villages de toute la daïra de Bouzeguène. Les artères du chef-lieu connaissent, chaque jour, une large cohue pleine de saveurs, d’odeurs et de couleurs. Les gens de tous les âges, viennent acheter de la viande et des légumes de première fraîcheur.

Pour la première fois, les trottoirs ne connaissent pas cette agitation provoquée par les vendeurs à l’improviste, de pain, de galette, de kalbellouz…etc. En plus des prix pratiqués par ces revendeurs, la marchandise exposée au soleil et à la poussière n’intéresse pas trop les jeûneurs. Le commerce de la zlabia à Bouzeguène ne fait pas une révolution. Une famille de tunisiens, installée, dans un même local depuis la fin des années 1960, propose, à longueur d’année, de succulentes spirales imbibées de miel.

A l’exception d’un vieux vendeur de zlabia, originaire d’une wilaya de l’est du pays et qui a réussi à imposer son modèle de zlabia, tous ceux qui ont essayé de concurrencer le Tounsi ont vite plié bagages, si bien que ce dernier fait face quotidiennement à une chaine interminable. Les cafés qui restent fermés toute la journée, rouvrent une heure avant la rupture du jeûne. Ils ne chôment pas car beaucoup, cassent le Ramadhan, au café, avec un crème-croissant. Dans tous les villages, les mosquées diffusent le coran, à travers les hauts-parleurs, un quart d’heure avant El Adhan.

Des membres de chaque famille montent sur leurs terrasses pour guetter le premier appel de l’imam. L’imam le plus adulé est celui qui « grignote » quelques secondes par rapport à l’heure exacte de l’appel à la prière. Aussitôt toutes les rues se vident à l’exception de quelques retardataires qui se pressent de regagner leurs domiciles. Quelque 70 personnes, prennent régulièrement leurs repas au restaurant La Rahma, ouvert par le comité local du Croissant-Rouge algérien. Ce restaurant est ouvert grâce à la charité des donateurs ; aucun centime n’a été versé par le comité de wilaya, comme chaque année d’ailleurs.

La soirée ramadhanesque est partagée entre les amoureux des jeux de cartes et de dominos dans les cafés et les nombreux fidèles qui emplissent les mosquées pour la prière des tarawihs dans une atmosphère de profonde ferveur. Pendant ce temps, les ruelles du chef-lieu se remplissent de monde. Pas une place de libre sur les trottoirs. Des gamins débrouillards installent leurs barbecues et d’épais nuages de fumée mélangés à une appétissante odeur de brochettes de viande se dégagent des box à cuisson.

La plupart de ces gamins font un double travail, celui de vendre des primeurs (figues et figues de barbarie) le jour et de préparer des brochettes de viande la nuit. Une véritable boulimie s’empare des randonneurs insomniaques qui affectionnent ce genre de victuaille. La nuit donnera naissance à une autre journée de jeûnes mais le coran préconise une frugale collation, avant l’appel à la prière d’El Fedjr.

Par Lies Adli

mardi 1 septembre 2009

Me MABROUK BELHOCINE. AVOCAT, MILITANT DU MOUVEMENT NATIONAL

Le plus coupable n’est pas celui qui fait le mal, mais celui qui voit le mal et n’agit pas.Berbériste, pas berbériste ? Ainsi posée, la question lui paraît dérisoire, à la limite superflue, au regard des arrière-pensées qu’elle véhicule depuis plus d’un demi-siècle. Séparatiste ? Sécessionniste ? Régionaliste ?

Plus on lui collait des étiquettes, plus on pensait l’enfoncer. Mais de ces attaques, Mabrouk n’en avait cure car, assure-t-il, « rien de tout cela n’est vrai ». Hier comme aujourd’hui, Belhocine assume pleinement son combat pour l’identité culturelle et ce ne sont certainement pas ceux qui s’ingénient à écrire l’histoire avec une gomme qui lui feront barrage. Si Mabrouk répond avec calme à la question : « J’étais nationaliste algérien et non pas berbériste. Enfant de la Soummam, j’ai fait mes études à Sétif et à l’Ecole normale avec des camarades arabophones. Cela dit, je revendique mon identité berbère qui était occultée. Sachez que le problème de la nation algérienne n’a pas été débattu. Il n’y a pas eu de réflexion sur la nation et le nationalisme. On a pris le contre-pied de la doctrine colonialiste. Algérie française - Algérie arabe. Des étiquettes et des slogans, voilà tout », constate-t-il en précisant « qu’on n’a pas dissous notre personnalité, notre identité amazighe. On n’a jamais signé un renoncement, c’est cette position qui dérangeait à l’époque. » Mabrouk est né en 1921 dans le grand douar des Beni Oughlis du côté de Sidi Aïch où il fait ses classes à l’école du Marché. Après son certificat d’études, en 1934, il rejoint le collège de Sétif où il réussit l’examen d’entrée à l’Ecole normale. En 1939, la revue Ifriqya de Sahli Cherif lui fait découvrir et apprécier Massinissa et Jugurtha, qui, à ses yeux, n’avaient pas eu leur place dans l’histoire algérienne. « Les Français ont fait de petits chefs de tribu des monuments et des montagnes, alors qu’un pan entier de notre culture n’avait pas droit de cité. De fait, j’étais animé par le désir de développer cet aspect culturel historique. »

JUSTESSE DU COMBAT

C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’il entre en politique, convaincu de la justesse de son combat nationaliste. « En 1946, raconte-t-il, je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe. Il y avait le groupe des 5 avec Aït Ahmed, Oussedik, Ould Hamouda, Aït Medri, Laïmèche qui avaient rejoint le maquis en 1945, avec Bennaï Ouali. Au départ, j’étais frustré par le fait que le parti mettait l’accent sur l’Algérie arabe et occultait l’autre dimension culturelle. On n’était pas contre, mais une année après, cela devenait un leitmotiv. Je m’expliquerai cette tendance par le fait que le PPA a récupéré le mot “algérien” alors qu’on était indigènes musulmans non naturalisés. En 1947, le MTLD, parti légal à vocation électorale, avait pour adversaire non pas l’administration coloniale, ennemi numéro un, mais les communistes et l’UDMA qui prônaient la république algérienne dans un cadre fédéraliste. Quant au PPA, il avait inventé cette notion d’Algérie arabe pour accéder à la Ligue des Etats arabes Le mémorandum adressé par le PPA à l’ONU, fin 1948, commençait par ces mots : “La nation algé rienne arabe et musulmane existe depuis le VIIe siècle.” Or, on m’a toujours appris à compter à partir de zéro. Cette overdose de terminologie nous a excédés », se rappelle si Mabrouk. « Fin 1948, Ould Hamouda, membre de l’OS, nous invite à rédiger un mémoire qu’il soumettrait au comité central, Henine, Hadjerès, Ali Yahia, Oubouzar et moi nous sommes mis à travailler sur un texte algérianiste qui n’avait rien de berbériste. Lorsque ce texte arrive à maturité, la crise du parti éclate en France. Pour nous, il fallait amener le parti à corriger sa doctrine et sa façon de voir la nation algérienne. » Mais la composante humaine de ce groupe issu d’une même région et défendant la même cause devenait suspecte. Pourquoi donc n’a-t-on pas inclu d’autres Algériens issus d’autres régions, ne serait-ce que pour écarter le spectre du séparatisme et de la division ? Si Mabrouk répond : « En réalité nous n’avons pas fermé les portes. Ce sont les “autres” qui n’ont pas voulu s’intégrer à nous. De toutes les manières, on n’a jamais dit Algérie berbère ! Les gens combattaient pour une rectification vers l’algérianité. » Dans les cafés, les événements étaient amplifiés jusqu’à la divagation. Cela a évidemment inquiété le parti qui a organisé un commando pour récupérer le local de la fédération à Paris. « Les putschistes avaient sorti un tract dénonçant les “Berbéristes”. Je vous assure que c’était la première fois que j’entendais ce mot. On est partis voir Messali pour lui dire que le cas était excessif. Il n’y avait qu’à appliquer le règlement intérieur pour ceux qui ont fauté. Messali n’a pas voulu nous entendre et Ould Hamouda arrêté, personne ne pouvait défendre notre cause au comité central. On s’est retrouvé dans une position de refondateurs. On publie notre brochure, on la diffuse, on continue notre combat jusqu’en avril 1950. Avant, avec Oubouzar, nous étions partis voir le Dr Debaghine à Saint -Arnaud (El Eulma) qui nous a dit texto : “Ils (le parti) vous ont jeté une peau de banane et vous avez glissé.” »

Une crise latente

Au PPA-MTLD, ce n’était pas la vie en rose. Depuis le retour de Messali, c’est la crise latente. Le zaïm propose la création d’un parti légal pour aller aux élections. Cette option avait déplu aux cadres du parti. La fracture est consommée. Le parti a saisi l’occasion pour faire une épuration. Tous les partisans du Dr Debaghine étaient mis hors jeu. De cette période tourmentée qui marque sa jeune carrière politique, Si Mabrouk n’y voit pas que des choses négatives. « Il faut revoir avec un nouvel œil l’action de cette première classe politique. Le meilleur exemple, c’est Ben Badis qui a su distinguer entre la nationalité culturelle et la nationalité juridique. C’est un réel plaisir de voir tant de finesse, tant de pertinence dans la bouche d’un théologien qui est un homme politique d’une grande clairvoyance. D’ ailleurs, c’est sur ce thème que s’est réuni le congrès musulman de 1936 ou, à côté des ulémas, se trouvaient les Abbas, Bendjelloun, les communistes, les instituteurs francs-maçons, dont Tahrat, qui était naturalisé et qui a présidé le congrès ! » Pour l’anecdote, Si Mabrouk rappelle qu’ « il a utilisé la machine à écrire de l’armée, lorsqu’il était sous les drapeaux pour rédiger les statuts d’une association qui devait créer une médersa ». Pour celui qu’on appellera plus tard le « Berbériste », son premier acte concret, ça sera l’ouverture d’une mérdersa ! Au déclenchement de la guerre, Si Mabrouk rentre à Alger fin décembre 1954. Il avait hâte de réintégrer le mouvement national. Il crée une cellule à Bougie en 1955 qui a été démantelée une année après. Il rejoint la Fédération de France, sous l’autorité de Salah Louanchi. Puis ce sera la Tunisie, Le Caire, avant de retourner à Alger en 1962 en qualité de député. « J’étais plutôt observateur, le cœur n’y était pas. Disons que j’étais en réserve de la République. » Cela ne l’empêchera pas de figurer dans la mission de bons offices envoyée en Kabylie pour raisonner Aït Ahmed, qui a déclenché la fameuse crise de 1963. « Cela a été une véritable catastrophe. Aït Ahmed, qui reprochait en 1949 à Ali Yahia d’être impulsif et impatient, aggrave le cas et fait de même, sinon pire, en créant un parti régional qui sème la zizanie. Autant vous dire que face à l’entêtement de l’homme, notre mission a échoué. » Le portrait du président de l’OS est fait sans complaisance. « Je ne le connaissais que de nom. Lorsque j’ai prêté le serment d’avocat en juillet 1949, il a dû apprendre qu’un membre du groupe accédait au métier d’avocat et donc avait accès à la prison de Barberousse où se trouvaient ses camarades. Il m’a envoyé son futur beau-frère Toudert, qui m’a fait rencontrer Aït Ahmed, sur les collines qui surplombent l’église de Notre-Dame d’Afrique. Ses premiers mots : “Ouali a eu tort d’envoyer Rachid à Paris. C’est un jeune impulsif, impétueux et ambitieux.” Au début, j’avais beaucoup de sympathie pour lui. On était sur la même longueur d’onde en ce qui concerne l’algérianité. Puis un beau jour, il me raconte le coup de la poste d’Oran en insistant sur son échec. Sur le moment, j’ai écouté sans a priori, sans préjugés. C’est bien plus tard, que j’ai compris Aït Ahmed, qui me disait avoir pris les choses en main. C’était le culte du moi. Je l’ai revu plus tard une ou deux fois. J’avais connu un grand militant, un grand responsable. A l’indépendance, j’ai retrouvé une photocopie. »

changer les choses

Quant à sa rencontre avec Abane, elle a eu lieu en juin 1949 au moment où ça chauffait entre la direction du parti et le groupe des protestataires, la plupart intellectuels, mûs par la volonté de changer les choses. « Je ne le connaissais pas. On s’est croisé au square Bresson (Port Saïd). J’étais avec un groupe d’amis communs. Il nous a dit qu’il n’était pas d’accord avec les cadres de la Grande Kabylie, lui le dirigeant de la Petite. Puis, à propos de la question identitaire, soulevée par nous, il a axé son discours sur son caractère prématuré. “Ce n’est pas le moment”, a-t-il dit. » Moins élogieux sont les termes consacrés à Krim. « Un simple chef de secteur qui a saisi l’occasion d’émerger après la disgrâce d’Ould Hamouda. Suite au conflit avec Ali Ferhat, qui a failli passer après l’attentat dont il fut l’objet, nous avons demandé à Messali de muter Krim afin d’éviter toute vengeance. Mais rien n’a été fait. Pis encore, ceux qui avaient déjà élaboré un plan machiavélique d’épuration, ont investi Krim de la responsabilité de la Fédération. Comme ce n’est pas l’ambition qui lui manquait... »

sa « meilleure plaidoirie »

Après l’indépendance, si Mabrouk se tient à l’écart de la politique, se limitant à son étude d’avocat. Son métier, il l’assume avec tout le sérieux et la droiture qu’on lui connaît. En évoquant cette période, il ne s’empêche pas de citer « sa meilleure plaidoirie » en 50 ans de carrière uniquement en arabe SVP ! C’était lors du procès des étudiants kabyles, ou berbéristes c’est selon, de la Fac centrale qui étaient opposés aux « baâthistes » « Le procureur avait cité un article du Monde qui faisait allusion au berbérisme utilisé par le colonialisme. Mais, me suis-je écrié : “C’est de bonne guerre que le colonialisme utilise tous les moyens pour asseoir sa domination. Mais a-t-il réussi ? S’il l’a fait avec succès au Liban, en Syrie et ailleurs, il a lamentablement échoué chez nous... A mon sens les plus coupables, ce sont les directions dogmatiques fermées qui ne comprennent pas les aspirations démocratiques des masses.” » Me Belhocine a été de nouveau mis sous les projecteurs à l’occasion de la mise sur pied de la commission chargée d’enquêter sur la mort de Boudiaf, dont il a fait partie. « Nous avons identifié l’auteur matériel du crime, mais nous n’avons pas trouvé de commanditaires. On ne va pas en inventer pour faire plaisir à l’opinion publique. » Enfin, un demi-siècle après, quel est le sentiment de l’homme qui a bataillé pour une cause, aujourd’hui reconnue ? « Tamzight reconnue langue nationale, cela doit suffire car la langue officielle est une langue “artificielle” que les gouvernants choisissent pour communiquer administrativement. Aujourd’hui, il ne faudrait pas trouver des prétextes pour empêcher la roue algérienne de tourner. Il faudrait que les cadres et les militants retournent à la sagesse. Car hélas ! on a continué à faire de la surenchère. Plus berbériste que moi tu meurs ! Je reproche aux cadres de la Kabylie, surtout à ceux du MCB, de n’avoir pas renvoyé l’ascenseur au président Zeroual, qui a introduit l’amazighité comme un des volets de la personnalité algérienne au même titre que l’arabité et l’islamité. De même, j’ai constaté avec amertume que les députés FFS et RCD n’avaient pas assisté aux débats qui ont abouti à cette reconnaissance. Il y avait là une occasion unique de faire de cette journée celle de l’Algérie unie, mais hélas ! chaque fois qu’on satisfait une revendication, on en sort une autre... » Berbériste, Me Belhocine ? Manifestement non. Progressiste et visionnaire sûrement.

Par Hamid Tahri

Djamel Menad aux supporters de la JSK : “Patientez, je reviens”


Il est l’un des meilleurs avant-centre dans l’histoire du football national, il faisait partie de cette génération qui a marqué avec des lettres d’or leurs noms dans les annales du football algérien, voire même mondial. Djamel Menad nous replonge aujourd’hui dans les moments qu’il a vécus avec son club de toujours la jsk et aussi de l’équipe nationale.

Pour commencer, présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis né le 22/07/1960 à El Baïdh, où mon grand-père a émigré, mes origines sont du côté des Ouacifs nous avons quitté El Baïdh en 1963 pour nous installer ici à Alger, plus exactement à la Casbah et par la suite à Bouzaréah

Où aviez-vous entamé votre carrière de footballeur ?

J’ai commencé à jouer au ballon très jeune dans mon quartier, mais le destin a voulu que j’intègre la formation de la JS El Biar qui était l’une des meilleures écoles de football à l’époque en catégorie minimes en 1973. Après une rencontre, l’entraîneur était convaincu de mes capacités, il m’a pris. Donc, j’ai joué avec la JS El Biar jusqu’à ma 2e année cadet, soit en 1977. A l’époque, la Sonacome a pris en main la gestion du CRB donc, elle a pris avec elle tous les joueurs qu’elle gère à El Biar, et c’est à partir de là, que j’ai intégré le CRB
Mais votre passage du CRB à la JSK n’était pas facile n’est-ce pas ?

Effectivement, mon passage du CRB à la JSK été entaché d’une mésentente entre le ministre de la Jeunesse et des Sports de l’époque, Djamal Houhou et les dirigeants de la JSK. Je me souviens que c’était l’année où j’ai raté mon bac, alors les dirigeants de la Jsk m’ont inscrit à Tizi Ouzou pour suivre une formation de technicien supérieur en bâtiment, donc j’ai réuni toutes les conditions pour rejoindre la JSK mais le ministre de l’époque s’y était opposé. Malgré cela, j’ai rejoint la JSK et je suis resté sept mois sans compétition officielle, mais dans ma tête j’avais toujours l’espoir d’être qualifié, d’ailleurs c’est ce qui devrait se produire juste après car Djamal Houhou avait quitté son poste.

Vous avez quitté le CRB sans que vous soyez qualifié à la JSK ?

Je vous ai dit auparavant que logiquement je serais qualifié à la JSK, puisque mon dossier était complet, en plus de ça, n’oubliez pas que même étant joueur du CRB, je faisais des entraînements avec la JSK ici à Alger, donc mon intégration au club était une question de temps, alors j’ai quitté le CRB sans être qualifié à la JSK pour les raisons que je vous ai déjà citées, tout de même je savais que c’était une question de temps.
Vous souvenez-vous de votre premier but avec les Canaris ?

Mais bien sûr, mon premier but officiel avec la jsk, je l’ai inscrit lors du premier match du championnat 1981-1982 face au MC Oran, d’ailleurs, c’était ma première saison avec la JSK, mais officieusement (rires) j’ai inscrit avant contre le Zimbabwe en coupe d’Afrique des clubs champions où j’ai joué avec une fausse licence.

Comment avez-vous trouvé la JSK à l’époque ?

Je dirais que c’était un rêve qui s’est réalisé pour un jeune comme moi, j’ai découvert les Iboud, Aouis Harb, Maghrissi c’était quelque chose de formidable, la JSK de l’époque dominait de bout en bout le football national et même africain, alors se retrouvait au milieu des héros c’était extraordinaire, en plus de ça j’ai constaté qu’il y a un autre football à la JSK, en plus de jouer au ballon, il y avait cette passion et l’amour du club, ce merveilleux public qui vous pousse de l’avant, et bien entendu ces couleurs qu’on défendait car on représentait une région et une identité. La JSK avait des supporters sur tout le territoire national, c’est vous dire la grandeur de ce club
Durant votre premier passage à la JSK, quels sont les moments qui vous sont restés en tête ?

Il y a en beaucoup, j’ai gagné plusieurs titres avec le club, et aussi, j’ai passé des moments inoubliables soit avec mes coéquipiers ou avec les supporters que je garde toujours en estime. Pour moi, le tournoi de l’amitié qui a été organisé en 1981 en Côte d’Ivoire reste l’un de mes meilleurs souvenirs avec la JSK, avec la super coupe d’Afrique, alors on a remporté le tournoi et la super coupe et j’étais sacré meilleur buteur. Sans oublier bien sûr la fameuse équipe de Jumbo-Jet qui écrasait tout sur son passage. En 1987, j’étais contacté par Nîmes olympique qui évoluait à l’époque en 2e division française.

Vous avez joué aussi au Portugal ?

Effectivement, après mon départ de France, j’ai intégré le championnat portugais où j’ai passé trois saisons avec deux clubs de la première division, en 1993, j’ai opté pour le championnat saoudien pendant une année et après je suis revenu à la JSK

Comment avez-vous trouvé la JSK après sept ans d’absence ?

je suis revenu à la JSK avec l’intention de bien faire, terminer ma carrière en beauté et aider la JSK à retrouver son lustre d’antan, malheureusement à mon retour, j’ai été étonné de trouver de mauvaises habitudes, le bon fonctionnement au sein du club, la discipline, tout a été chamboulé, je n’ai plus reconnu la JSK que j’ai laissée, je vous jure que c’était comme si j’avais perdu une partie de moi ou bien un membre de la famille ; je ne pouvais pas faire marche arrière à cause de notre merveilleux public qui attendait beaucoup de nous je n’ai pas pu résister malgré les problèmes que vivait le club, on a réussi à remporter un championnat, une coupe d’Algérie et une coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes.

Malgré cela, vous avez quitté la Jsk, quelles en sont les raisons ?

Tout simplement, j’ai quitté la jsk pour ne pas lui faire du mal et pour que les gens comprennent mon attitude et ma position par rapport à certains principes. A l’époque, il y avait des gens qui voyaient en moi un grand entraîneur qui peut entraîner la JSK pendant dix ans, ils l’ont même déclaré à la télévision, juste après, ils ont commencé à balancer des noms c’est comme si on m’ignorait, c’est à partir de là que j’ai compris que ces gens-là, ne pensent pas ce qu’ils disaient, alors j’ai choisi de quitter la JSK pour ne pas lui faire du mal, parce que celui qui aime la JSK doit la laisser tranquille. Par la suite, j’ai roulé ma bosse comme entraîneur, à l’USM Alger en 1996. Au début de la saison en cours, j’ai été approché par la Jsk pour reprendre du service, malheureusement, ça n’a pas marché, je profite de l’occasion pour remercier les supporters de la Jsk qui m’ont réclamé, je leurs dirais «patientez, je reviendrai» mon retour à la JSK est une question de temps, car ils peuvent m’enlever tout, sauf mon amour pour ce club de toujours. Donc pour le moment, je profite de mon temps pour régler mes affaires personnelles.

Durant votre carrière de joueur vous avez eu plusieurs entraîneurs, quel est le coach qui vous a le plus marqué ?

Je dirais que c’est Stéphane Zywotko, qui était un vrai professionnel, et il connaissait très bien son travail, je ne dis pas que c’est quelqu’un de très fort sur le plan tactique mais il avait un côté performant, qui est le côté physique, en plus il ne faut pas oublier que nous les joueurs, de l’époque, on aidait vraiment nos entraîneurs, et des fois, on trouve des solutions nous-mêmes sur le terrain car la JSK possédait de grands joueurs.

Si on parlait maintenant de votre parcours en équipe nationale ?

J’ai fait pratiquement toute la sélection, à partir des minimes. En junior j’ai participé à la Coupe du monde. Mon premier match en senior remonte à 1980 contre le Sierra Leon puis j’ai participé aux éliminatoires de la Coupe du monde de 1982, à cause de ma non-qualification à la Jsk, je suis resté sept mois sans compétition, je ne faisais pas partie de l’équipe qui a représenté notre pays en Espagne, mais juste, après j’ai été convoqué et j’ai participé à toutes les phases finales de la coupe d’Afrique(Côte-d’Ivoire 84, Egypte 86, Maroc 88, Algérie 90 et Sénégal 92) et bien entendu la coupe du monde 1986 à Mexico, j’ai aussi participé a toutes les éliminatoires des coupes d’Afrique et du monde entre 1982 et 1992. Après mon retour à la JSK, j’ai rejoint l’équipe nationale avec Madjer avant d’arrêter définitivement ma carrière internationale en 1995.

Que pensez-vous de l’équipe actuelle ?

C’est une très bonne équipe, elle renferme de brillants joueurs, il faut continuer à les suivre, j’espère de tout cœur qu’on se qualifiera en Coupe du monde car les joueurs ont leur destin entre leurs mains, la seule chose qui est vraiment regrettable c’est que cette équipe ne reflète pas le football national car elle est composée essentiellement de joueurs émigrés donc ce sont les pays européens qui sont en train de former notre équipe nationale.

Durant votre carrière vous avez marqué beaucoup de buts, quelle est la réalisation qui vous est restée en mémoire ?

Marquer des buts était mon rôle, d’ailleurs je ne sais même pas combien de buts j’ai à mon actif, mais des fois, je marquais des buts dans des circonstances particulières. Par exemple pour moi, je me souviens très bien du but que j’ai marqué face au MCO à Oran en 1986, à l’époque l’avant-centre du MCO, Bensaouala qui était d’ailleurs mon ami, était mon concurent en équipe nationale, donc les supporters oranais n’ont pas avalé que je lui prenne sa place, dès qu’on pénétrait sur le terrain tout le monde scandait «Menad Bourico, Bensaoula Mexico». Je me suis dit « ces gens auront ma reponse sur le terrain.» Dieu merci j’ai fait un grand match, j’ai même marqué un joli but et on a gagné deux à zéro.

Je vous laisse le soin de conclure.

Je vous remercie pour cette interview que vous m’avez accordée, je profite de cette occasion pour souhaiter un prompt rétablissement à notre ami et ancien coéquipier à la jsk, Kamal Aouis.

Je dirais encore une fois aux supporters de la Jsk d’être patients et Inchallah ils verront Djamal Menad revenir à la jsk quand elle sera bien organisée et bien structurée.

Hamid Oukaci

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