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jeudi 1 octobre 2009

Bgayet : La drogue menace la masse juvénile

Pris le plus souvent par voie orale et secondairement parentérale, ces substances aux effets euphorisants et sédatifs, pour lénifiantes qu’elles paraissent, finissent fatalement par assujettir le sujet qui sombre petit à petit dans l’avilissement et la déchéance.

De manière aussi sournoise qu’inexorable, la consommation de drogue chez la frange juvénile prend des contours hallucinants dans la wilaya de Bgayet.

Happés par cette spirale infernale, des cohortes d’adolescents mais aussi de moins jeunes croupissent dans le vice et se détruisent à petit feu.

Il suffit, naturellement, de si peu de choses à un être vulnérable pour vaciller et sombrer corps et âme dans la toxicomanie. “Ce sont, à l’origine des individus souffrant d’un déséquilibre de la personnalité qui plongent le plus souvent ses racines dans l’enfance. Un autre facteur, parfois plusieurs, comme le chômage, l’abandon, le manque de perspectives viennent se surajouter et vous avez là, le profil type d’une personne susceptible de basculer”, nous explique un psychiatre d’Akbou.

La tentation irrésistible de prise de toxiques traduit alors un incœrcible besoin de compensation. “Il est perçu par le sujet comme un refuge, un moyen palliatif destiné à combler un vide affectif ou à noyer un traumatisme”, analyse le médecin.

Pris le plus souvent par voie orale et secondairement parentérale, ces substances aux effets euphorisants et sédatifs, pour lénifiantes qu’elles paraissent, finissent fatalement par assujettir le sujet qui sombre petit à petit dans l’avilissement et la déchéance. Stupéfiants naturels, barbituriques, tranquillisants, tout y passe, pour accéder à un état second et échapper ne serait-ce que le temps d’un “joint” à l’inanité — réelle ou supposée — de l’existence.

De l’appétence à l’accoutumance, il n’y a qu’un petit pas que les camés franchissent allègrement et sans s’en rendre compte. “Quant le drogué s’habitue au toxique, il a besoin d’une dose toujours plus élevée pour obtenir l’effet recherché, sinon il est en état de manque”, nous dira notre interlocuteur.

“A partir de là, poursuit-il, les cures de désintoxication s’avèrent très malaisées. Au cas bien sûr où le drogué consent à coopérer, ce qui est loin d’être évident”.

En effet, un épicurisme en appelle toujours un autre. Et c’est l’éternel recommencement, quitte pour ce faire, à recourir à d’étranges mixtures telles que l’alcool chirurgical additionné de limonade ou de la colle snifée !

Le tout étant d’assouvir une soif perverse et incœrcible. “Un drogué en état de manque est prêt à tous les coups tordus. Pour se procurer de la drogue, il peut verser dans la délinquance et le crime organisé”, relève encore le médecin pour qui la solution réside dans la prévention par le truchement d’actions d’éducation et de sensibilisation.

“Les racines du mal sont dans l’école, la famille et la société en général. Les enjeux se situent à ce niveau. Il faut “empêcher” les gens de goûter à la drogue plutôt que d’essayer vainement de les en extirper”, préconise-t-il.

N. Maouche

Commune de Mechtras : Retard dans le raccordement au gaz naturel

Le gaz de ville a été mis en service durant l’hiver 2007 dans la commune de Mechtras. Deux ans plus tard, on dénombre un peu plus de 700 foyers alimentés, soit moins d’un quart du nombre d’habitations recensées sur le territoire de la commune.

« Nos services ont réalisé dans le cadre de ce programme à Mechtras plus de 1700 branchements dans les foyers. Des années plus tard, un millier de ces foyers ne sont toujours pas alimentés », déplore le responsable de l’agence commerciale Sonelgaz à Boghni, avant d’énumérer les raisons qui empêchent tous ces citoyens de bénéficier de cette énergie, pourtant bien plus avantageuse qu’une autre à plus d’un titre : « Il y a d’abord et surtout l’investissement pour l’installation à l’intérieur des foyers.

Les travaux de plomberie coûtent au bas mot 20 ou 30 000 DA. Il faut croire que ces sommes ne sont pas à la portée de ces citoyens, qui reportent d’année en année l’alimentation de leurs foyers en gaz de ville », explique le même responsable. A cela, il faut ajouter 10 000 DA de frais de compteur et de mise en service, payables sur une année, en tranches trimestrielles, pour prétendre à l’alimentation en gaz de ville.

Ceci pour les foyers dont les branchements sont réalisés. Pour tous les autres, désignés sous le vocable « les omis », par les élus de Mechtras, en charge du dossier, ceux-ci doivent attendre l’inscription d’un autre programme pour la commune.« L’entreprise qui a réalisé le projet en 2006 a omis pas moins de 300 foyers, parmi lesquels de nombreuses habitations situées au centre-ville. Elle devait revenir terminer le travail, dès que Sonelgaz l’aurait dotée de nouvelles consistances.

C’est du moins ce que nous avait affirmé le patron de l’entreprise, mais quatre ans plus tard, nous ne voyons rien venir », souligne le 1er vice-président de l’APC, malgré les nombreux écrits, affirme-t-il, régulièrement transmis aussi bien à la direction de l’industrie et des mines qu’à la Sonelgaz : « Je me suis personnellement déplacé jusqu’à Blida pour faire part du problème au PDG de Sonelgaz en personne qui nous a fait la promesse du retour de l’entreprise pour terminer le travail.

Nous l’attendons toujours », a-t-il ajouté. Certains habitants parmi ces « omis », lassés d’attendre, ont introduit des recours individuels, avec l’espoir de faire valoir leur droit à l’alimentation en gaz,au même titre que les citoyens de la commune qui en bénéficient déjà : « Nous ressentons cette omission comme une frustration, de savoir cette énergie à quelques mètres de nos habitations sans pouvoir, pour autant en bénéficier », relèvent-ils.

Des propos qui confirment l’inquiétude de l’APC, de devoir faire face à leur colère : « Ces citoyens sont en droit de réclamer les branchements dans leurs foyers. Ils en sont même arrivés à nous menacer de procéder à la fermeture du poste de détente, alimentant la ville de Mechtras, si leurs habitations ne sont pas raccordées d’ici l’hiver prochain », redoute-t-on à l’APC.

Par Ahmed Meziani

mercredi 30 septembre 2009

Le parti d’Aït Ahmed fête son 46e anniversaire : Le FFS, de la lutte armée à Karim Tabou

Il suffit de peu pour que l’on réalise toute la résignation des partis traditionnellement ancrés en Kabylie. Comme le FFS, né d’une lutte armée menée par la Wilaya III historique contre le régime dictatorial de Ben Bella en 1963, dès lors, l’espoir était permis parmi les Algériens qui attendaient plus de liberté, d’épanouissements après la guerre de libération. Le rêve trahi, les regards se sont braqués vers Hocine Aït Ahmed et ses amis du FFS, nonobstant la création du PRS de Boudiaf et les autres tentatives oppositionnistes menées par des personnalités nationales. La Kabylie était désignée pour mener le combat !

L’espoir suscité par le FFS était telle une lueur dans un univers noirci par une dictature sans foi ni loi. Les principes révolutionnaires d’une Algérie libérée des jougs coloniaux, traînés dans la boue, une force d’opposition structurée était envisageable, même si elle est frappée d’interdiction d’activités, d’autant plus que les appétits des différents clans s’ouvraient pour la prise du pouvoir quitte à le faire avec la force.

Les militants ou les premiers martyrs de la démocratie de 1963 ont ouvert, dans le sang, la voie pour un combat de longue haleine, même si aujourd’hui, leur sacrifice semble être vain, vu les différentes prises de positions de leurs héritiers au sein du vieux parti de l’opposition. Cette défection commençait en réalité dès les événements de 1980. La naissance d’un mouvement culturel pour prendre en charg, d’abord la revendication identitaire et démocratique sonnait le glas de la main-mise du FFS sur toute revendication émanant, notamment de la Kabylie.

Les événements de Kabylie d’avril 1980 ont pu remodeler le paysage politique régional en introduisant la donne identitaire, même si le FFS l’a faite sienne depuis 1978, mais le MCB en a fait sa principale revendication et mission prioritaire pour toutes ses actions futures. La chape de plomb n’étant pas prompte à se briser, les Algériens réalisèrent quelques années après, soit en 1988, qu’une ouverture démocratique valait la peine d’être engagée. Le FFS n’étant plus l’unique interlocuteur de la région, une autre formation est mise sur pied par des militants venus de différents horizons, notamment du MCB et du RCD.

La création de ce parti a été ressentie comme une provocation. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, le FFS considère son frère ennemi comme un produit de laboratoire des services. Le semblant d’ouverture prônée par le pouvoir faute d’alternative fiable poussait les extrémistes religieux et le FIS à se tailler la part du lion dans les premières consultations pluralistes en Algérie. La répression ciblait le clan démocratique et les militants de gauche, les islamistes trouvaient en cette situation une bénédiction du pouvoir pour s’imposer contre leurs ennemis intimes ; les militants démocratiques de Kabylie.

Ce qui fut fait, l’armée décida d’interrompre le processus électoral pour ouvrir la voie aux alliances de tous genres. Réconciliateurs et thèses du “qui-tue-qui ?”, se coalisent avec le FIS, et de l’autre côté, les éradicateurs comme appui aux thèses du pouvoir.

Partis politiques de Kabylie, entre espoir et trahison

Décennie de terrorisme, la représentation politique partisane en Kabylie semble entamée sa décadence. La déconfiture des partis en Kabylie après tant d’espoir suscité est la résultante d’une gestion chaotique. Démissions en cascade, prises de positions contre nature, soutien aveugle soit au pouvoir, soit aux islamistes, déphasage de la réalité de la rue kabyle, une situation qui augurait des lendemains incertains. Il suffit que la Kabylie se réveille après l’assassinat de Matoub Lounes pour que les partis "kabyles" se "retirent" du jeu. Le Printemps noir serait le meilleur exemple pour dire toute la décrépitude de ces formations. La naissance d’un mouvement politique basé sur une structure sociale traditionnelle a balayé d’un revers de la main une existence de presque 40 ans pour le FFS et de 20 ans pour le RCD.

L’apparition de cette structure politique est tombée comme un cheveu dans la soupe de "nos" formation respectives.

Cette décadence n’est pas sans résultat sur la représentation partisane régionale. Ainsi, de nouvelles revendications prônant la prise en charge du problème kabyle sont assumées, à l’image de la revendication autonomiste recommandée par le MAK de Ferhat Mehenni, d’autres formations en gestation verront peut-être le jour.

Le FFS qui commémore son 46e anniversaire n’est pas loin de cette logique.

Lui qui est né d’une insurrection armée se retrouve aujourd’hui à gérer des défections internes provoquées essentiellement par le mauvais choix de représentation à l’intérieur de la maison FFS.

Syphax M.

Commémoration du 46e anniversaire du FFS : Marche hier à Tizi Ouzou sans l’aval des autorités

Près de 2000 personnes ont pris part à cette manifestation, qui n’avait pas obtenu l’aval des autorités. La procession, conduite par Karim Tabbou, premier secrétaire national du FFS, s’est ébranlée de la maison de la culture Mouloud Mammeri pour aboutir au cimetière de M’douha où une gerbe de fleurs a été déposée à la mémoire des martyrs du FFS tombés en 1963.

La marche était silencieuse, sans les banderoles habituelles du parti ; seul l’emblème national était brandi par le premier carré des marcheurs, essentiellement des membres de la direction du parti et des militants. Dans la matinée, Karim Tabbou avait animé une conférence à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Au côté de Lakhdar Bouregaa, ancien colonel de l’ALN et membre fondateur du FFS, il a rappelé les grandes dates qui ont marqué l’histoire et le combat politique du parti avant de développer d’autres points liés à la situation socioéconomique. « Tout a été fait pour faire disparaître le FFS, depuis sa naissance. Contrairement à quelques avis, notre parti a été un mouvement pacifique.

Mais par la volonté d’un pouvoir décidé à écraser tout le monde, le FFS a été contraint à la résistance, qui a abouti à l’assassinat de 400 de ses militants. » Evaluant l’Algérie post-indépendance, l’orateur dira que le peuple a eu droit, depuis 1962, à une succession de supercheries et de coups de force. Il n’a pas manqué d’égratigner le règne du président Bouteflika : « Dans cette même salle, il avait promis d’être au service de la jeunesse s’il venait à être réélu. Son premier mandat a été celui des hittistes (chômeurs), le second a produit une jeunesse terroriste et le troisième des harraga. De quelle jeunesse parle le Président ? Le système politique refuse de se conformer au contrôle démocratique.

Le premier magistrat du pays ignore les institutions, préférant passer les lois par ordonnance. » Le gouvernement, aux yeux de M. Tabbou, est incapable de provoquer le changement qu’il a tant fait miroiter au peuple. « Toutes les crises aboutissent à des dynamiques de changement. On finit par accorder des concessions, revoir sa stratégie de développement et de gestion. Ce n’est pas le cas chez nous. Le pays continue d’être otage d’une véritable organisation maffieuse. Notre gouvernement est incompétent.

Il ne peut rien prévoir, même à court terme. Le système refuse de se conformer au contrôle démocratique. » Sur un autre plan, l’orateur a mis en relief la paupérisation galopante des citoyens : « Durant le mois de Ramadhan, nous avons vu des familles entières faire la queue devant un restaurant de la rahma, rue Didouche Mourad, à Alger. » L’autre point abordé par M. Tabbou concerne l’émigration clandestine : « Nous ne voulons pas que notre pays devienne une caserne pour abattre en pleine mer des jeunes qui veulent rejoindre l’autre rive de la Méditerranée.

Au lieu de régler leurs problèmes, le pouvoir a préféré criminaliser la harga. » Lakhdar Bouregaa, ancien colonel de l’ALN, a déploré dans son intervention le « détournement » des idéaux et des acquis de Novembre 1954. « La Révolution appartient à ceux qui l’ont faite et non à ceux qui viennent en dernier pour la récupérer », a-t-il dit en substance. Une médaille de mérite et un diplôme lui ont été remis par M. Tabbou à la fin de la rencontre.

Par Ahcène Tahraoui

Wilaya de Tizi Ouzou : Inscription d’un nouveau barrage hydraulique

Selon les prévisions des responsables de l’hydraulique, d’ici juillet 2010, l’alimentation en eau potable dans la wilaya de Tizi Ouzou sera considérablement prise en charge.

A en croire les responsables du secteur de l’hydraulique, les habitants de la wilaya de Tizi Ouzou ne devront pas endurer plus longtemps les pénuries en eau potable. Tizi Ouzou sera dotée d’un second barrage d’une capacité de 150 millions m3. L’infrastructure qui sera érigée à Souk T’lata dans la commune de Tadmaït, est le deuxième grand barrage après celui de Taksebt (170 millions m3) dans la même région.

Le barrage de Souk T’lata compte parmi les trois barrages projetés dans le cadre du plan quinquennal 2009-2014, aux côtés des barrages de Souk Ahras et celui de Boumerdès. L’infrastructure alimentera plusieurs communes situées dans le sud de la wilaya de Tizi Ouzou et une partie de la wilaya de Boumerdès. Par ailleurs, le coup d’envoi des travaux d’adduction des communes de Fréha, Azazga et le flanc nord de la wilaya de Tizi Ouzou à partir du barrage de Taksebt, a été donné-symboliquement-par le ministre des Ressources en eaux, lors de sa visite dans la wilaya avant-hier.

A signaler que les travaux sont déjà entamés. Selon les prévisions des responsables de l’hydraulique, d’ici juillet 2010, l’alimentation en eau potable de la wilaya de Tizi Ouzou sera considérablement prise en charge, notamment avec l’achèvement du barrage Koudiet Acerdoune (640 millions m3) situé à Kadiria dans la wilaya de Bouira, dont la réception est prévue pour mars 2010. Ce dernier alimentera 10 communes du sud de la wilaya de Tizi Ouzou. Et ce, en plus de l’apport du barrage Souk T’lata.

Techniquement, le projet d’adduction des eaux de Taksebt vers le versant nord et nord-est de la wilaya couvrira 8 communes et une population de 140 145 habitants, notamment les localité de Boudjima, Tigzirt, Iflissen, Agrib, Akerrou, Azeffoun, Aït Chaffaâ et Zekri.

Ainsi, 21 000 m3 d’eau seront pompés chaque jour de la station de traitement de Talla Bounane d’une capacité de 605 000 m3/jour à plein régime. Arrêté initialement à 14 mois, le délai de réalisation de ce programme est revu à la baisse. Ainsi, les responsables du secteur tablent sur un délai allant de 6 à 7 mois, (soit la réception de l’ensemble des ouvrages en mars ou avril 2010).

Le plan prévoit la réalisation de 10 réservoirs de différentes capacités de stockage (entre 10 000 m3, 5000 m3 et 1000 m3) ainsi que la pose de 104 200 m de canalisations de différents diamètres. Quant à la ville côtière de Tigzirt, celle-ci connaît une nette amélioration en alimentation en eau potable.

Et ce, depuis la réfection de la conduite d’adduction destinée au village Tifra, selon l’ADE. S’agissant de la station de dessalement de Tassalast, qui alimente seulement le chef-lieu de la commune de Tigzirt, l’ADE assure qu’elle parvient aisément à remplir les réservoirs de la ville. Cependant, et après l’achèvement des travaux de réfection de la conduite d’aspiration d’eau de mer, la production journalière atteindra les 2500 m3, au lieu de 1700 m3/j actuellement.

Par Nordine Douici

mardi 29 septembre 2009

Mohamed Younsi, ancien joueur et dirigeant de la JSK : “La JSK ne doit pas être un fonds de commerce”

Il fait partie de la génération qui a offert à la JSK son premier titre de championnat comme joueur, mais il a aussi contribué à d’autres consécrations du club dans le staff technique pendant 15 ans. Mohamed Younsi nous parle aujourd’hui de son passage au club du Djurdjura.

La Dépêche de Kabylie : Pour commencer, présentez-vous à nos lecteurs ?

Mohamed Younsi : Je suis né a Tigzirt-sur-Mer en 1952, mais je suis venu très jeune à Tizi Ouzou, pour rejoindre mon oncle, donc j’ai grandi dans le quartier des Genêts, où j’ai été inscrit à l’école, mais aussi mes débuts dans le football, puisqu’on jouait à l’époque au quartier.

Comment avez-vous intégré la JSK ?

Je vous disais tout à l’heure que j’ai commencé à taper dans le ballon très jeune dans mon quartier, alors en 1968, le défunt Hadj Abtouche est venu me solliciter pour rejoindre les cadets de la JSK. Puis, j’ai rejoint les juniors peu de temps après, et ensuite j’étais promu en seniors alors que je n’avais que 17 ans à peine.

Vous avez rejoint l’équipe seniors très jeune. Avez-vous trouvé des problèmes d’adaptation ?

Au contraire, le point fort de la JSK de l’époque était justement, cet esprit de famille qui y régnait. Pour nous les jeunes, les anciens sont des symboles, car eux aussi nous facilitaient la tâche, en nous donnant des conseils et des orientations. A notre époque, il n’existait pas de clanisme, tous étaient égaux. Il y avait aussi pas mal de joueurs que je connaissais avant, à l’image de Meghrici, Baïleche, Makri… qui ont fait le même lycée que moi. A l’époque, on avait même une grande équipe au sein de notre établissement scolaire.

Vous souvenez-vous de votre premier match en senior ?

Absolument ! Je me souviens qu’il y avait une défection au niveau de l’effectif, donc j’étais convoqué pour jouer un match du championnat contre le Mouloudia d’Alger au stade de Bologhine. Malheureusement, on avait perdu par deux buts à zéro. A l’époque, on était tellement attaché aux couleurs du club que quand on perdait un match, on se sentait abattus. A l’époque, j’étais lycéen au lycée Amirouche de Tizi Ouzou, alors que tous mes camarades sortaient à la récréation de 10 h pour s’amuser, moi, je restais tout seul dans la classe abattu par cette défaite, contrairement à ceux de nos jours, où on voit des joueurs rire quand ils ratent des penaltys.

Votre passage à la JSK coïncide avec le premier titre du club, racontez-nous l’ambiance justement de ce premier titre du championnat ?

C’était une joie indescriptible, non seulement, on a réussi à décrocher le premier titre dans l’histoire du club, mais il y avait aussi cette satisfaction de réussir, car à l’époque, la JSK représentait une identité, et toute la région était derrière nous, en plus de cela, on s’est sacrifiés pour atteindre ce stade, car la JSK était un club à battre. On nous attendait à chaque tournant, c’est justement ce défi à relever qui avait fait notre force. On jouait pour les couleurs du club, d’ailleurs, après chaque match, on sortait avec trois à quatre joueurs blessés, la preuve qu’on se donnait à fond sur le terrain. Sincèrement, on avait vécu des moments exceptionnels.

Malgré toutes les difficultés, vous avez réussi à décrocher le titre devant des grandes équipes de l’époque, à l’image du Mouloudia et du CRB, quels sont les secrets ?

Tout d’abord, il y avait cette rage de vaincre et l’amour des couleurs du club et cela, sans oublier, bien sûr, le grand travail accompli par l’équipe dirigeante. Déjà, dans les années 1970, il y avait des semi-professionnels, c’était justement grâce au bon encadrement de la direction, et à sa tête, le défunt Abdelkader Khalef qui a su jeter les bases de la JSK, mais aussi de l’entourage du club que les gens ont tendance à oublier. Etant témoin de l’époque, je peux citer des hommes qui ont travaillé dans l’ombre et qui ont contribué à notre réussite. Je n’oublierai jamais Boukhalfa Oul Hamouda, Amar Zgrourn, Mouloud Aïnouz, Hacene Hamoutène, Lounès Farradji, Hadj Oumnia, tous ces gens-là, ont fait partie du bureau du défunt Abdelkader Khalef et ils ont beaucoup donné à la JSK. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour leur rendre un grand hommage.

Vous avez vécu beaucoup de bons moments avec la JSK, quels sont ceux qui vous sont restés en mémoire ?

C’est incontestablement le premier doublé remporté en 1977. On a réussi dans des conditions très difficilesbien que l’équipe soit renouvelée. On faisait une osmose entre les anciens et les nouveaux, mais je reviens toujours sur l’esprit familial et surtout les qualités morales des joueurs. La plupart étaient des intellectuels, et quand il y a un bon cadre organisationnel qui vous permettait de vous exprimer, vous réussirez sûrement, donc le premier doublé a été arraché difficilement mais réussi avec le travail et l’honnêteté de tout le monde.

Qui est l’entraîneur qui vous a le plus marqué durant votre carrière ?

En catégorie de jeunes, il y avait le défunt Hacène Hamoutène, il était comme un père, c’était quelqu’un qui avait beaucoup donné à la JSK, il entraînait toutes le catégories de 8 h à 20h. En seniors, j’étais marqué par Popesco, c’était un grand monsieur. Il était ancien colonel de l’armée en retraite, il nous donnait des conseils comme s’il parlait à ses propres enfants.

Vous avez mis un terme à votre carrière juste après le doublé, bien que vous fussiez jeune et vous puissiez encore donner au club, quelles sont les raisons de ce départ ?

Effectivement, j’ai arrêté de jouer en 1978, soit à l’âge de 26 ans. Mais je ne pouvais plus continuer à cause de la blessure que j’ai contractée au niveau de la rotule, ce qui m’a obligé à rester neuf mois dans le plâtre. Après, j’ai repris un peu, mais, j’ai décidé d’arrêter complètement vers la fin de l’année 1978.

Après votre retraite comme joueur, vous avez entamé directement une carrière d’entraîneur ?

J’ai intégré le staff technique de la JSK dans les catégories jeunes, avec Yousfi et Aimane, juste après avoir terminé ma formation. Un poste que j’avais occupé pendant presque 15 ans, j’étais aussi adjoint de Benzekri en 1992, quand on a remporté la coupe d’Algérie. J’ai mis aussi en place, la structure de fonctionnement des catégories de jeunes avec l’accord de Mahiedine Khalef qui était DTS et Zywotco. Je pouvais servir le club davantage, malheureusement en 1992, je l’ai quitté parce qu’ils ont décidé de m’enlever du staff sans demander mon avis, donc ils m’ont reversé dans mon ancien poste, c'est-à-dire, dans les catégories de jeunes et j’étais DTS en plus d’entraîneur juniors. Alors j’ai quitté le club pour rouler ma bosse un peu partout, à Azzazga, Draâ-Ben-Khedda, les Issers, Zemmouri, Tizi Rached, où j’ai assuré cinq accessions. En 2007, j’ai complètement arrêté la carrière d’entraîneur et actuellement, je suis conseillé pédagogique au niveau de la Direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Tizi Ouzou.

Comment jugez-vous votre passage à la JSK ?

Il ne faut pas que la JSK soit utilisée comme un fonds de commerce. Les gens vous disent que moi, j’ai fait plus que d’autres, ou bien, j’aime la JSK plus que l’autre. Nous, on a eu cette chance de vivre à la JSK. On n’a fait que notre devoir, on a servi le club et on était honnête parce que la JSK était notre deuxième famille. En contrepartie, la JSK nous a donné aussi beaucoup de choses, sur le plan social ou professionnel et personne ne doit le nier, au contraire, c’est grâce à la JSK que nous nous sommes fait des noms aujourd’hui, il ne faut pas être ingrats vis-à-vis du club.

Un dernier mot pour conclure...

Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage à tous les hommes qui ont contribué à faire de la JSK ce qu’elle est devenue aujourd’hui, je souhaite aussi un prompt rétablissement à notre collègue et frère Kamal Aouis qui se trouve actuellement en France pour des soins Je dirais qu’à notre époque, il y avait une communion entre les joueurs, les dirigeants et le public. C’est une chose qui a disparu malheureusement de nos jours. Certes, il y avait un bouleversement dans la société, mais il faut admettre que le football n’est qu’un jeu, il faut justement accepter la culture de l’échec, comme on accepte la victoire. Quant aux supporters de la JSK, je leur dirais qu’ils doivent agir positivement, ils doivent soutenir leur club dans les moments difficiles, car je ne vois pas l’utilité d’un supporter s’il n’est pas là quand son club traverse des moments difficiles.

H. O.

dimanche 27 septembre 2009

RACHID ZENIA : Sur les traces de Si Moh

Tout le monde s’accorde à dire que la chanson kabyle est en train de vivre des moments de crise inédits depuis son éclosion dans les années soixante dix. Jamais, la chanson kabyle n’a enregistré un vide aussi béant que celui de ces dernières années, à telle enseigne que les seuls succès sont les chansons de fête qui ne vivent que le temps d’une saison.

Des chansons thématiques, il n’y en a presque point. La musique recherchée, les textes élaborés, les belles voix, désormais la chanson kabyle n’en rencontre que peu. C’est pourquoi quand un jeune talent émerge, cela constitue plus un événement qu’une surprise. Le cas de Rachid Zenia est atypique. D’abord par une humilité déconcertante pour son jeune âge.

Cet artiste de la région de Tigzirt-sur-mer (wilaya de Tizi Ouzou) n’a pas jugé utile de mettre sa photo sur la jaquette de son premier CD. Il a préféré une caricature. Donc, point de narcissisme comme en sont atteint la majorité des artistes de nos jours, plus préoccupés par leur look que par la consistance des chansons qu’ils proposent aux mélomanes. Rachid Zenia est un jeune homme timide et talentueux qui préfère s’investir dans l’art. Un chemin qu’il n’ignore pas sinueux mais qui le passionne plus que tout.

Sa musique n’est donc pas un bruit. Rachid Zenia s’inspire carrément de la musique classique universelle. Son idole et modèle est le non moins discret Si Moh. D’ailleurs, on ne peut éviter de faire le lien avec l’absence de la photo de Rachid Zenia sur la jaquette.

Le chanteur Si Moh qui n’est plus à présenter est aussi connu pour son caractère effacé. On ne croise sa photo nulle part. Pourtant, il a marqué l’art kabyle par des chansons indélébiles. Le premier album de Rachid Zenia est riche de huit chansons. Les thèmes qu’il aborde sont diversifiés. Il chante sur le vécu, l’amour, surtout l’amour comme tous les jeunes qui n’ont pas encore découvert que ce sentiment n’est qu’illusion. Celui qui sera curieux de découvrir ce jeune artiste pourra déguster les chansons: Ayen iâedan, Achehal i hekugh, Ddnunit iâazlen, Tafat iw, Imghiw, Afenan, Ur nuyis et Ighav.

Cet album dégage beaucoup d’espoir comme l’exprime la septième chanson. C’est que Rachid Zenia est à un âge où l’espoir et le rêve sont encore permis. L’album est produit par Casbah Editions. Plusieurs musiciens talentueux ont prêté main forte à Rachid Zenia, à l’instar de Rachid Djouad, Boudjelida, Moh Sorecal, Hichem et Farid Yamani.

Rachid Zenia veut avancer sur le chemin de l’art. Le fait qu’il soit un artiste pas comme les autres qui sort de l’ordinaire, rend son voeu réalisable. Mais pour cela, il lui faudra beaucoup de persévérance.

Aomar MOHELLEBI

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