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mardi 20 octobre 2009

Abdenour Ziani, : “Le cinéma est aussi une arme par l’image”

La Dépêche de Kabylie : Les ateliers de formation de la 3ème édition de Béjaïa Doc se sont déroulés du 08 au 18 du mois courant et aujourd’hui, mardi 02 octobre 2009, vous allez entamer les projections pour le public. Malheureusement, la formation n’a pas eu lieu comme prévu à la cinémathèque de Bgayet.


Abdenour Ziani : Eh bien, cela reflète bien l’état des lieux des salles de cinéma en Algérie car Bgayet ne fait pas exception. Les travaux traînent depuis deux ans et cela a été aussi le cas pour le Théâtre qui était resté fermé pendant trois ans et c’est vraiment dommage. Sinon, effectivement, nous aurions vraiment souhaité organiser cette 3ème édition de Béjaïa Doc à la cinémathèque qui est le lieu adéquat pour cela mais…

Le coup de starter des projections sera donné aujourd’hui, en nocturne, à la Maison de la culture Taos-Amrouche de Bgayet. En attendant, pouvez-vous nous parler des ateliers de formation qui ont eu lieu du 08 au 18 du mois courant ?

En fait, Béjaïa Doc sont des rencontres cinématographiques organisées par Cinéma et Mémoire en partenariat avec Kaïna Cinéma. Nous en sommes à la 3ème édition. Ce n’est donc pas un festival et, effectivement, la priorité est donnée à la formation documentaire. Durant la 1ère édition, nous avons pu réaliser 6 documentaires et cette année 7 ; nous espérons en réaliser plus l’année prochaine. Pour cette année, les ateliers de formation ont eu lieu, dans une résidence appartenant à un ami militant socioculturel, à huis clos. Les stagiaires ont été sélectionnés selon les synopsis qu’ils ont présentés et qu’ils devraient développer avec les formateurs en scénarios tout en apprenant également les techniques du cinéma à l’instar du développement de sujets, de l’analyse et de l’éducation à l’image l’analyse du genre documentaire. En tous cas, ils sortiront après toutes les étapes de la formation et d’accompagnement, car, ils ne viennent de terminer que la première, concernant les métiers du cinéma et l’analyse. Donc, plus tard, nous allons accompagner ces stagiaires dans le tournage et le montage de leurs films documentaires que nous espérons présenter l’année prochaine.

Quel est l’objectif de ces formations ?

Il s’agit de donner l’occasion à ceux qui veulent s’exprimer, ou même raconter leur vécu par l’image, comme cela se fait par écrit avec la narration. D’autant plus qu’à part l’INADC qui veut relancer l’audiovisuel, il n’y a rien en termes de formation en Algérie.

Venons maintenant aux projections puisque le coup de starter sera donné ce soir à la maison de la culture Taos-Amrouche. Est-ce que vous allez aussi présenter les documentaires réalisés par les stagiaires que vous avez formés en 2007 et 2008 ?

Oui, bien sûr. Mais, vous n’ignorez pas que nous sommes tombés sur des dates fatidiques, à savoir, le 17 octobre 1961, le 1er-Novembre-1954 sans oublier le 28 octobre 1989 qui est la date de la mort de Kateb Yacine. Pour cela, il y aura des hommages à de grandes figures. D’ailleurs, l’ouverture débutera pas un hommage à Ali Zammoum avec le film de 53’ Les racines du brouillard de Dounia Bovet-Woltèche en présence de Boudjemaâ Karèche. Pour la clôture, nous avons choisi La chine est encore loin de 90’ de Malek Bensmaïl ce qui est paradoxal puisqu’il y a un hadith du prophète qui dit : Demandez le savoir même en Chine. En fait, c’est pour dire que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Tout cela sans oublier les leçons de cinéma qui auront lieu chaque jour à partir de demain, mercredi 21, de 10h à midi.

Avez-vous un message pour le public ?

J’invite les jeunes à venir découvrir ce qu’on fait afin de prendre conscience sur le fait que l’image est une arme. En effet, c’est une façon de porter un regard sur l’autre, que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur et de communiquer. C’est ce que j’appelle l’arme par l’image.

Entretien réalisé par Amastan S.

L’Akfadou, un parc national en attente de classement

La wilaya de Béjaïa recèle de nombreux sites de grande valeur écologique, paysagère et historique à l’image de la cascade de kefrida, des gorges de Kherrata, de la grotte féerique d’Aokas et du parc national de Gouraya avec ses différents vestiges.

Le massif forestier d’Akfadou n’attend qu’une prise en charge étatique pour intégrer cette kyrielle de sites qui font la fierté de la région.

Les autorités locales en collaboration avec les services compétents tentent tout leur possible pour faire accepter l’idée de hisser ce site au rang d’aire protégée.

“Je tiens à informer l’assistance que j’ai officiellement saisi la direction générale des forêts pour leur proposer le classement du parc national d’Akfadou” avait déclaré le premier magistrat de la wilaya lors de la récente visite à Béjaïa du ministre de l’Agriculture et du Développement rural.

Cette bonne nouvelle a réjoui l’ensemble des présents notamment la famille forestière laquelle, il y a trois années de cela, avait organisé, pour ce faire un séminaire s’inscrivant dans le cadre du classement et de la création de trois nouvelles aires protégées dont le parc national d’Akfadou.

Des cadres et scientifiques de différents horizons y avaient débattu de l’importance qu’il y a lieu d’accorder à la multiplication des catégories d’aires protégées tout en rappelant que le parc naturel a un impact très positif dans la préservation et la protection de la biodiversité d’où l’importance que mérite la protection de la nature dans le pays en la dotant d’un ancrage juridique par la mise en place d’un cadre législatif. La diversité floristique et la faune de la forêt d’Akfadou sont le principal outil de valorisation de la future aire protégée. S’imposant sur les deux wilayas voisines Béjaïa et Tizi Ouzou et s’étalant sur une superficie d’une dizaine de milliers d’hectares, le massif forestier d’Akfadou est considéré comme l’un des plus beaux et le plus riche en sites.

Culminant à 1646 mètres d’altitude, ce dernier représente l’un des plus grands complexes de forêts caducifoliées d’Algérie constituées essentiellement de chênes zen dont l’espèce règne presque sans partage tant dans la strate arborescente que dans la strate arbustive. L’autre espèce qui y cohabite dans ce royaume vert est le chêne afares qui pousse et se maintient assez bien en altitude. La forêt d’Akfadou est très riche avec son demi-millier d’espèces de plantes dont un tiers médicinales en sus de la vingtaine d’espèces de mammifères qui y ont élu domicile.. Ces derniers sont représentés majoritairement par le chacal, le singe Magot, l’hérisson, le porc épic, le renard et le sanglier.

Dans le domaine de l’avifaune, ce massif forestier abrite une centaine d’espèces d’oiseaux représentant une trentaine de familles allant des sylvidès aux accipitriformes en passant par les turcidés, cela en sus, de l’importante population de petits oiseaux vivant en colonies ou couples isolés.

Tout ceci pousse à croire au classement de l’Akfadou afin d’augmenter le nombre d’aires protégées en Algérie. Il existe actuellement une douzaine de parcs nationaux, trois parcs culturels, quatre réserves naturelles et autant de centres cynégétiques. Selon le directeur du parc national de Gouraya, ce mouvement de création d’aires protégées symbolise l’aboutissement d’une prise de conscience aiguë. Toutefois, il est utile de rappeler que la création de parcs nationaux remonte à la période coloniale et que le premier parc national post-indépendance fut celui du Tassili, crée une décennie après l’indépendance.

A. Gana / T. Arezki

Fermeture de 20 écoles à Tizi-Ouzou

La fermeture des écoles à travers le territoire national ne risque pas de s’estomper. Ces établissements scolaires ont été contraints de fermer leurs portes en raison d’une mauvaise planification et faute du transfert des élèves vers d’autres établissements.

La wilaya de Tizi-Ouzou a, à elle seule, enregistré la fermeture de 20 établissements scolaires, dont 15 écoles primaires du nombre totale de 35 structures fermées dans différentes wilayas, notamment Alger, Oran et Sidi Bel-Abbès.

Ce chiffre s’élève à 70 établissements scolaires fermés depuis la fin de l’année scolaire précédente (2008-2009).

S’agissant du budget alloué par le ministère de l’Education nationale, pour la restauration du lycée l’Emir-Abdelkader, le ministre dira qu’il est évalué à 12 milliards de centimes du budget global de 10 milliards de dinars, destiné à la réhabilitation de pas moins de 1 000 établissements scolaires.

Après un long exposé sur plusieurs points ayant trait à la rentrée scolaire devant les membres de la commission de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique de l'Assemblée populaire nationale (APN), le premier responsable du secteur a souligné qu’ " un budget de 10 milliards de DA pour la restauration des établissements scolaires ".

" Nous avons consacré une enveloppe financière de 61 milliards de dinars depuis l’année 2002, pour la restauration et la réhabilitation des structures éducatives ", a affirmé le premier responsable du secteur. Par ailleurs, et en ce qui concerne le transport scolaire, le département de Benbouzid a annoncé l’acquisition de 1 300 autobus, suite à l’accord signé entre Sonacom, en concertation avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Le nombre des autobus augmente pour atteindre actuellement 4 800 véhicules scolaires. Ces derniers serviront à transporter les élèves, habitant dans des zones déshéritées et enclavées.

Lemya Ouchenir

dimanche 18 octobre 2009

SAMIA AÏT ALI YAHIA: Les stèles de la Grande Kabylie

L’auteur a effectué un travail de terrain puisqu’elle a photographié toutes les stèles que comprend son ouvrage.

De plus en plus, des universitaires réalisant des recherches pour leurs thèses, finissent par convertir leur travail en livre et l’éditent afin qu’il soit accessible au grand public. Surtout quand le thème peut susciter l’intérêt du lecteur en général.

C’est le cas de Samia Aït Ali Yahia, enseignante au département des langues et culture amazighes de l’université «Mouloud Mammeri» de Tizi Ouzou. Elle vient de publier un livre aux Editions l’Odyssée, intitulé Les stèles à inscriptions libyques de la Grande-Kabylie. L’ouvrage présente, d’une manière simple, la description des stèles libyques découvertes en Grande-Kabylie. Le but, explique l’auteur, est de décrire le système d’écriture utilisé par les anciens Amazighs depuis l’antiquité.

L’auteur a effectué un travail de terrain puisqu’elle a photographié toutes les stèles que comprend son ouvrage. Elle s’est déplacée dans plusieurs localités pour procéder à l’analyse des stèles en question. Parmi les localités où des stèles berbères ont été découvertes on peut citer Abizar, Boudjima, Souama, Tigzirt, El Kalaâ, Azaghar, Taguemount, Sidi Naâmane, Moknéa, etc. De nombreux autres points sont abordés dans le livre comme l’écriture libyque, l’alphabet oriental, l’alphabet occidental, l’alphabet saharien ancien et un aperçu historique des inscriptions libyques. En Algérie, la majorité des inscriptions berbères ont été découvertes à l’ouest de Constantine, en Kabylie et autour d’Oran.

En Kabylie, les documents actuellement connus, sont peu nombreux. L’auteur précise que son recueil cite onze stèles épigraphiques découvertes en Grande-Kabylie; et que par la suite, d’autres documents sont venus s’y ajouter. Samia Aït Ali Yahia explique aussi que son livre réunit les stèles de Kabylie portant des inscriptions libyques déjà connues plus les inédites.
Parmi les inscriptions libyques découvertes récemment, l’auteur cite le fragment de stèle de Moknéa (Bouzeguène), la stèle d’Ihitocen (Bouzeguène), la stèle de Sidi Naâmane et d’autres stèles découvertes il y a longtemps, analysées brièvement par certains auteurs. Les stèles dont il est question sont exposées au Musée des antiquités d’Alger.

D’autres sont exposées à la Maison de la culture de Tizi Ouzou. Il faut rappeler que la première écriture libyque (ancêtre des caractères berbères) fut découverte en 1631 dans le mausolée de Dougga, l’antique Thougga (Tunisie) par Thomas d’Arcos. Cette inscription était bilingue (libyque - punique), Arcos fit envoyer un relevé à sa compatriote Peirese, laquelle tenta de la déchiffrer, sans succès.

Aomar MOHELLEBI

L’armée ratisse les maquis d’Iferhounène et Imsouhal

Les forces de l’ANP, appuyées par plusieurs éléments de la gendarmerie et de la garde communale, ont entamé, depuis jeudi, une impressionnante opération de ratissage dans les maquis limitrophes aux localités d’Imsouhal, Illiltène et Iferhounène.

Selon les (nombreux) échos qui nous sont parvenus de la zone des opérations, l’armée semble résolue a en découdre définitivement avec le groupe armé qui a été signalé récemment dans la région et qui serait composé, à en croire des sources sécuritaires d’une vingtaine d’éléments. En effet, d’importants moyens humains et matériels ont été déployés sur les périmètres ciblés par l’opération, et ce afin d’assurer un maximum d’efficacité.

Nos sources assurent qu’une dizaine d’hélicoptères bombardiers ont intensément pilonné la région dès la matinée de jeudi dernier. Les raids militaires se sont ensuite poursuivis, toujours avec la même cadence, avec la mise à contribution de l’artillerie lourde et des mortiers qui, un week-end durant, n’ont cessé d’“arroser” les endroits suspectés d’abriter le groupe recherché.

Le tout se déroule, apprend-on encore, sous une main de fer imposée par l’impressionnant bouclier dressé par les militaires sur plusieurs kilomètres à la ronde. Ces derniers se sont en effet postés au niveau de toutes les routes, pistes et autres sentiers qui mènent vers la zone des opérations. La mission de repérer et de neutraliser le groupe recherché a été confié à une unité de parachutistes qui aurait atterri sur les lieux dès la nuit de jeudi.

Il va sans dire que, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’opérations, aucune information précise ou officielle n’a filtré sur l’état d’avancement du ratissage, encore moins sur son bilan. Nos sources n’ont également pas pu affirmer si ladite opération risque de s’inscrire davantage dans la durée. Nous y reviendrons.

Ahmed. B.

mardi 13 octobre 2009

Kamel Tahir ancien gardien de but de la JSK : ''Je souhaite que la JSK retrouve son lustre d’antan''

Connu pour son tempérament de gagneur, il a pu conquérir le cœur des supporters kabyles, pendant les sept années, qu’il a passées avec la JSK. Kamal Tahir s’est donné corps et âme pour les couleurs du club phare du Djurdjura, aujourd’hui, il nous relate son passage avec les Canaris.

La Dépêche de Kabylie : Qui est Kamel Tahir ?

Kamel Tahir : Je suis originaire de Draâ El Mizane et je suis né en 1945 à St-Eugène, j’ai commencé à taper dans le ballon comme tout jeune de mon époque dans mon quartier, d’ailleurs, lors de mes débuts dans le football, je jouais comme avant-centre avant de me reconvertir au poste de gardien de buts parce que j’étais influencé par les grands gardiens de buts de l’époque. J’ai signé ma première licence en cadets avec la formation de St-Eugène, juste après l’indépendance, ensuite, je suis parti au Danemark où j’étais resté une année avant de revenir au pays et intégrer l’équipe de l’USM Alger .

Comment avez-vous intégré la JSK ?

Après avoir passé 4 années avec l’USMA , où j’ai prouvé mes capacités, Amar Zegrour, qui était responsable de la JSK, est venu me contacter pour rejoindre le club, il faut dire aussi, que durant la saison 68-69, j’ai fait un grand match face à la JSK à Tizi Ouzou.

Alors, j’ai tapé dans l’œil des dirigeants de l’époque, qui cherchaient un gardien de buts, donc je suis allé voir le président Abdelkader Khalef, auquel je veux rendre un vibrant hommage au passage, car c’était lui qui a mis la JSK sur les rails et c’est grâce à sa gestion que la JSK est devenue un grand club.

Racontez-nous vos débuts avec la JSK ?

Avant que je ne débarque à Tizi Ouzou, j’ai vu effectivement, le président Abdelkader Khalef, c’était en 1970, et je me rappelle qu’il y avait un tournoi où la JSK a pris part, au coté du CRB, une équipe Tchèque et l’équipe nationale de la police. J’avais fait un grand tournoi et le président m’avait convoqué encore une fois, pour négocier mon transfert, donc mon aventure avec la JSK a commencé en 1970.

Comment avez-vous trouvé la JSK à l’époque ?

Un grand club professionnel au sens propre du terme. On avait tout à notre disposition. Certes, j’ai trouvé un peu de difficultés au début, mais avec le temps, je me suis imposé grâce à ma classe et à mon caractère. En ce qui concerne le groupe, en lui-même, on vivait comme dans une vraie famille, on se respectait mutuellement et on se donnait à fond sur le terrain.

On jouait pour les couleurs du club et c’était justement là, où résidait la force de la JSK de cette époque.

Vous avez gagné plusieurs titres avec la JSK quel est le titre qui vous a le plus marqué ?

Avec la JSK, j’ai gagné surtout un nom car ce club m’a beaucoup donné, il ne faut pas être ingrat vis-à-vis du club. Pour le titre, j’ai gagné trois championnats et une Coupe d’Algérie, je dirais que le premier titre remporté par le club, restera gravé à jamais dans ma mémoire. C’était le jour que toute la Kabylie attendait depuis longtemps, voire son club remportait le championnat ! Toute la région était plongée dans une joie indescriptible, moi étant acteur de cette consécration, j’étais heureux et surtout fier de ma modeste contribution.

Vous avez fait plusieurs clubs avant d’atterrir à la JSK, quelle est la différence entre ces derniers et la JSK ?

Il y avait comme on dit Irgazen, des hommes, et à leur tête Abdelkader Khalef qui aimait vraiment le club et ils ont tout fait pour que ce dernier reste toujours au sommet.

Ajoutant à cela, cette rage de vaincre et cette motivation pour représenter dignement toute une région, d’ailleurs la JSK était une équipe à battre à chaque déplacement et on vivait une pression terrible avant chaque match dans les vestiaires.

On nous disait que celui qui a peur, n’a qu’à céder sa place, donc on était prêt à mourir sur le terrain pour les couleurs du club.

En quelle année avez-vous quitté la JSK ?

J’ai quitté le club en 1977 soit à l’âge de 32 ans, je pouvais encore continuer, malheureusement j’ai préféré arrêter car le climat était devenu de plus en plus insupportable pour moi, surtout avec l’arrivée du frère du président à la barre technique du club, je ne pouvais pas supporter sa gestion et surtout son tempérament.

Un jour, en coupe magrébine, il a fait joué CERBAH, alors que moi qui étais titulaire et en pleine forme, j’étais laissé sur le banc, disant que c’était la goutte qui a fait déborder le vase, j’ai pris la décision de quitter le club et de ne pas rejouer malgré que j’ai eu des propositions de la part d’autres clubs.

Vous avez été aussi sélectionné en équipe nationale ?

Absolument ! J’étais sélectionné à plusieurs reprises en catégories juniors, espoirs et l’équipe A, j’ai pris part aussi aux éliminatoires de la coupe du monde de 1974

Après votre retraite comme joueur, avez-vous entamé une carrière d’entraîneur ?

Au départ, quand j’ai rejoint la JSK, le président m’a proposé un boulot au sein d’une entreprise, après ma carrière de footballeur dans la section sports et travail. Entre temps, j’ai eu mon diplôme d’entraîneur de 2ème degré en 1992, ce qui m’a permis d’entraîner plusieurs clubs à l’image de l’USM Alger, le NAHD et le MCA et j’ai fait aussi partie du staff technique de l’équipe nationale en 2001 avec Djadaoui

Vous étiez alors l’entraîneur de Bougherara quand on a perdu face à l’Egypte par 5 buts à 2 ?

Ecoutez, il y avait beaucoup de choses qui ont été dites sur ce match et sur le rendement du gardien de buts, étant entraîneur des gardiens je tiens à préciser une chose, à la vielle du match, le gardien était venu me voir et il m’a dit qu’il se sentait bien, je lui ai dit que c’est une match à 200 à l’heure, il faut vraiment être au top de ta forme, je l’ai, donc incorporer d’entrée, avant qu’il n’encaisse ce but bête sur balle arrêtée.

Après, il a fait signe de la main pour le faire sortir.

Au retour, on lui a fait une échographie et le médecin ma confirmé qu’il n’avait rien.

Que pensez-vous des gardiens de l’actuelle équipe nationale ?

Je pense qu’ils ont un bon niveau et surtout qu’il y a une relève, même si Gaouaoui part, il y a de jeunes gardiens qui émergent, pas seulement en équipe nationale mais aussi dans les clubs comme Zammamouche qui est jeune et a un avenir promoteur devant lui, pourvu qu’il travaille et se stabilise, d’ailleurs c’est la chose que je repproche à Chaouchi, à mon avis il ne devait pas quitter la JSK, car la JSK est un grand club ; moi personnellement, j’avais eu des propositions quand j’étais joueur mais je les ai toutes refusées car j’étais convaincu que je ne trouverais pas meilleur club que la JSK.

Un dernier mot pour conclure ?

Je souhaite de tout cœur que le JSK retrouve son lustre d’antan, car elle représente toute une région, voire un pays.

Sur un autre volet, j’espère que nos responsables prennent en considération la formation, actuellement nos jeunes sont abandonnés; la preuve et que l’équipe nationale est composée essentiellement de professionnels. Je vous remercie enfin pour cet espace que vous m’avez offert, afin de remémorer les moments que j’ai vécus avec la JSK.

Rubrique animée par Hamid Oukaci

Entretien avec Amgid, le Prolétaire : "L’artiste doit chercher ses mots !"

Natif du village Tizit dans la commune d’Illiltèn, le chanteur Amgid, de son vrai nom Merabet Amokrane, revient dans cet entretien sur l’évaluation de la chanson kabyle à travers la poésie. Brillant chanteur, cet artiste se dit plus poète que musicien, pour lui, il n y a pas d’art sans recherche.

La Dépêche de Kabylie : A quand remonte votre début dans la chanson .

Amgid : Cela remonte aux années 80 et même un peu avant. Au début, j’ai dénoncé toute forme d’impérialisme et de dictature, la ligne politique de l’Amérique et celle de l’ex URSS. Un chanteur de gauche quoi, mais je ne cautionnais aucun extrémisme. Il s’avère que le capitalisme dans son essence est immoral, peu enclin à la justice... Après ce fut les évènements du Printemps 80, ce qui a donné une autre dimension à la chanson kabyle. Avec beaucoup d’autres, comme Ferhat, nous avons soutenu la cause berbère , je chante encore en faveur de celle-ci, car je crois qu’on n’en a pas encore fini avec les dérives du pouvoir d’Etat actuel. Au cours de la même année, en 80, je fus arrêté à l’aéroport d’Alger à cause de certains titres de mes chansons. Il est utile de signaler que mes deux premiers albums avaient un ancrage prononcé avec la réalité politique algérienne.

Quel est votre avis sur la chanson kabyle actuelle ?

Musicalement chacun est libre d’écouter ce qu’il veut, mais en matière de langue, nous devons respecter le contexte et le texte. On entend des chansons composées en trois langues ! Cela porte préjudice à notre culture en général et à la langue en particulier, il se trouve que l’on fuit la recherche et l’originalité la base de toute œuvre artistique. On évite de puiser dans nos sources et ressources pour tomber dans la facilité et le simplisme, pourtant, nous avons une langue et une culture très riches, un patrimoine de vitalité. Actuellement , il y en est qui veulent faire de Tamazight du Créole, une demi-langue. Chacun est libre aussi de chanter avec d’autres langues, mais pas en usant de slogans passés et repassés ! Celui qui ne peut pas faire de la poésie kabyle, au sens propre du terme, doit chercher ses mots et respecter sa langue.

Cette débauche de production en tout genre semble voulue sur le plan politique. Il faut qu’on arrive à produire en Tamazight, à produire bien et à promouvoir la qualité du contenu comme de la forme, on devrait pouvoir faire des documentaires culturels et scientifiques par exemple. Les proverbes, les contes, les anecdotes, l’histoire, les expériences de la vie, tout doit être transmis. Il ne faut pas faire de notre culture une lettre perdue en cours de route, c’est quelque chose de mémorable et de vivant !

Des slogans, qu’est ce que vous voulez dire par cela ?

Il n y a pas de poésie dans la chanson actuelle, surtout pas dans le“spécial fête”, c’est une chanson d’appoint et d’ambiance, sans aucune recherche musicale ou politique pouvant apporter un plus à notre culture.

En ce qui me concerne, je me considère plus comme poète. Voyez Edith Piaf, elle a une force vocale extraordinaire, et encore on n’a pas besoin de connaître le français pour sentir cela. En matière de musique, chaque style à son auditoire. Il n’y a pas de musique intelligente au sens rap, il faut dire que chaque style à sa vocation. Ce qui se passe reste un effet de mode, peut être que la chanson kabyle vit une période de transition, elle vit son époque comme on dit. La vision change d’une époque à l’autre est-ce mieux ? Est-ce plus moderne ? Chanter l’amour oui, mais pas de manière vulgaire ! Il n y a plus de messages à transmettre ? ça c’est grave ! Il faut chanter dans une langue travaillée, c’est la moindre des choses.

On sent que la culture occidentale domine. Pour sa qualité. Nous devons pouvoir produire en tamazight des textes et une musique modernes en accord avec les exigences de notre temps.

Propos recueillis par A. Boufatis

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